D’accord? Pas d’accord?

Je vous invite à nouveau à un petit jeu que vous avez apprécié dans le passé.  Je vous invite à faire un parcours photo avec moi. Je vous ferai part de mes réflexions, de mes choix, de mes points de repère quant au traitement de cette photo dans la chambre noire numérique. Vous pourrez être «d’accord/ pas d’accord» avec mes points de repère et ma prise de décision. Au bout du compte, l’important n’est pas qui a raison, qui a tort.  Tant mieux si le jeu vous permet de découvrir et nommer vos propres points de repère. Ce seront les vôtres. Ce sera votre vision. L’essentiel est de pouvoir formuler celle-ci.  Cette semaine, place au pari du noir et blanc vs la couleur.  Ah la couleur… et son attrait, elle nous semble essentielle.  Vraiment?

Merci à nouveau d’être à notre rendez-vous hebdomadaire.  Votre présence est stimulante et apporte nos airs d’un printemps qui tardent chez nous.  Le saviez-vous?  Depuis sa création, ce blogue a recueilli près de 800 commentaires, dont près de 600 sont les vôtres. (J’ai aussi ma modeste part.)  Vous êtes près de 200 à vous être abonnés à ce blogue afin de ne rater aucun article.  Il y a eu plus de mille partages d’un ou l’autre des 158 articles de ce blogue depuis sa création. Merci de tout coeur.

D’accord?  Pas d’accord?

© Louis Lavoie photo. N'hésitez pas à commenter cette photo si elle vous plaît. You like this photo? Don't hesitate to comment.

Vous avez été plusieurs à apprécier le premier «D’accord? Pas d’accord?» il y a quelques temps.  C’est un exercice où je décortique la prise d’une de mes photos et vous fait part de mon processus critique.  Cet été, j’ai capté des artistes de la rue en train de réaliser cette murale.  C’était impressionnant de les voir travailler sur celle-ci malgré l’accablante chaleur du moment.  Dans ma composition, je souhaitais bien profiter du regard vers le bas de cette grand-mère format géant. En exploitant correctement ce regard, il me semble que j’allais avoir une photo plus forte.  J’ai attendu qu’un des artistes peintre s’installe au bon endroit pour déclencher.  Le personnage semble jeter un regard bienveillant sur son créateur.  N’hésitez pas à cliquer sur la photo pour la voir en large format.

De passage à proximité de cette murale à nouveau au cours des derniers jours, j’ai voulu à nouveau en tirer profit pour de la photo de rue.  Comme je vous ai expliqué par le passé, je crois que la photo de rue peut sembler spontanée mais en réalité, elle se planifie dans une certaine mesure.  Comment? D’abord en identifiant un lieu ou une situation qui pourrait susciter une bonne photo de rue.  Dans ce cas-ci, j’ai évidemment encore misé sur le regard du personnage.  J’avais moins remarqué au cours de l’été – en raison des échafauds – ce bras immense et cette main.  En voyant le tout, j’y voyais comme une invitation que le personnage semble faire: «Venez dans mon monde.  Par ici pour y entrer. Venez à moi.»  Il me fallait donc faire mon cadrage et attendre le bon moment.  J’ai mis mon fidèle Canon G15 en mode rafale pour obtenir plusieurs vues même si je sais que les appareils compacts ne sont pas très performants à ce chapitre.  Côté réactivité, c’est correct, sans plus.  Mieux vaut déclencher au bon moment, les autres photos étant des polices d’assurance.  J’ai obtenu celle-ci qui me plaisait, les passants se détachant bien l’un de l’autre et n’empiétant pas sur des objets au même plan qu’eux soit la borne fontaine, la cabine téléphonique et le lampadaire.  J’ai initialement traité ma photo avec mes retouches de base dans Lightroom. Ajustement de la courbe de niveaux pour les blancs et les noirs, un peu de clarté, de vibrance et de netteté. Pour les intéressés, je ne me sers jamais de la fonction saturation. Dans ce cas-ci,  les couleurs étaient bien présentes.

Justement, voilà ce qui m’embêtait. Elles étaient trop présentes.  Mon oeil ne voit que la couleur.  Je voulais qu’on remarque davantage l’interaction entre les deux passants et le personnage principal dans la murale.  Je ne voulais pas que ma photo soit un essai coloriste mais plutôt une histoire.  Ma façon d’y parvenir a été de ramener le tout en noir et blanc.  C’est ce que je privilégie lorsque des formes et des masses sont intéressantes, que je souhaite les faire ressortir ou encore que je souhaite qu’on remarque une action spécifique. Soit, on perd des couleurs mais de mon point de vue, le lecteur peut mieux remarquer l’interaction que j’imagine. Je me suis rabattu sur un traitement numérique simulant une photo prise avec une caméra holga. Êtes-vous d’accord ou pas d’accord avec mon choix du noir et blanc?

L'invasionAutre exemple dans la même foulée.  Ces petites branches me sont apparues comme une présence qui émerge de cette vieille baignoire.  Eh oui, l’imagination faisant son oeuvre, j’y ai vu une créature d’un autre monde qui s’extirpe d’un lieu pour mieux venir nous envahir. :-)  Je me suis assuré de faire mon point de netteté sur ces branches et ai choisi une grande ouverture pour flouter l’arrière-plan.
L'invasion (n/b)

Les couleurs et les teintes sont intéressantes mais puisque je voulais que l’émergence des petites branches de la baignoire retiennent surtout notre attention – tout comme un petit côté «menaçant» – j’ai cru que le noir et blanc convenait mieux.  Exit les couleurs pour mieux faire parler les densités, les tonalités de gris, les ombres et les formes. D’accord?  Pas d’accord?

Mon d’accord/pas d’accord vise aussi à illustrer un principe.  Je l’ai signalé par le passé, on ne se tourne pas vers le noir et blanc afin de tenter de réchapper une photo avec des couleurs faibles ou déficientes. Vous avez pu constater que ma photo originale ne manquait pas de couleurs.  Plus votre photo aura une belle lumière et une riche palette de couleurs, plus elle a le potentiel de voir une excellente photo noir et blanc.

Alors, d’accord, pas d’accord avec mon choix du noir et blanc?  La parole est à vous. :-)

La photo aux USA.  Risques et périls?

Mon article d’il y a deux semaines sur la photo jumelant la longue exposition et la plongée mettait en vedette cette photo d’une gare de chemin de train à New-York. Le copain Dominique-André m’a demandé de partager les informations que je pouvais avoir à ma disposition quant à la prise de photos aux États-Unis.  Je le fais avec grand plaisir mais en vous faisant part de la réserve habituelle à l’effet que je ne suis certainement pas un juriste, ni un avocat, ni un résident des États-Unis même si j’y voyage très fréquemment. Conséquemment, c’est à titre courtois que je le fais.

Toutes les sources d’information convergent toutefois vers le principe suivant quant à la prise de photo aux États-Unis: «Si vous le voyez, vous pouvez le photographier à moins que des avis spécifiques l’interdisent».  Vous êtes sur une place publique et vous avez le goût de capter une photo? Faite.  Vous avez le goût de faire cette photo dans Penn station? Allez-y.  Si vous visitez la section «questions/réponses» pour les visiteurs pour cette gare, vous lirez que vous pouvez prendre des photos, sauf en utilisant un équipement «professionnel».   Qu’est-ce qui m’a valu la visite des policiers de l’endroit?  Mon trépied.  Eh oui, c’est un équipement professionnel.  C’est d’ailleurs le cas dans plusieurs endroits, notamment pour l’observatoire au haut de l’Empire State building.  Si vous avez un trépied, il sera confisqué.

Les droits et les obligations des photographes aux États-Unis ont été bien résumés dans ce document produit par un avocat.  Il faut aussi être sensible – comme dans n’importe quel autre pays – au sujet de la photo dans des zones «sensibles».  Mais vous pouvez très bien prendre des photos de policiers, de pompiers en action.  Il est possible que vous soyez interpellé mais l’avocat précise bien qu’il serait illégal de vous confisquer votre matériel ou encore vos cartes mémoire.

© Louis Lavoie photo. N'hésitez pas à commenter cette photo si elle vous plaît. You like this photo? Don't hesitate to comment.

S’il est une chose d’avoir la liberté de prendre une photo, il faut toutefois être prudent quant à son utilisation.  Là-dessus, plusieurs aux États-Unis sont prêts à défendre leur image de marque de façon agressive.  Si j’entendais utiliser la photo ci-contre sur le plan commercial, nul doute qu’il faudrait que je m’attende à des démêlés avec Coca-Cola puisqu’ils affirmeraient que j’utilise leur marque de commerce sans leur consentement.  Pire encore, le jumelage du phénomène de l’itinérance et de la pauvreté et leur image de marque ne leur sourirait pas.  Toutefois, si la photo est utilisée par un organisme luttant contre la pauvreté, la corporation serait mal venue de contester une éventuelle publication.  Bon bref, le droit à l’image est une chose, le droit à l’utilisation de celle-ci surtout sur le plan commercial, est un autre débat.

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2 réponses à D’accord? Pas d’accord?

  1. Sylvain Lavoie dit :

    Formidable leçon de photographie, Louis! En observant le première photo du haut en noir et blanc, j’ai tout de suite reconnu le personnage près de la borne fontaine, alors qu’en couleur je ne l’ai même pas remarqué … tellement les couleurs sont envahissantes. Pourtant, les photos couleur rendent vraiment justice à cette oeuvre magnifique. Alors, je suis "d’accord" et … "d’accord" en même temps! Pas facile de choisir devant ces deux propositions très pertinentes. Ah, le prix de la liberté!

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