«Je vois (infra)rouge»

«Je suis un allumeur de réverbère."Je vous amène dans un monde fabuleux, celui de l’infrarouge. J’ai récemment traité plusieurs photos infrarouge, dont certaines proviennent de mon récent voyage au Utah.  Plonger dans l’infrarouge est à votre portée et le résultat est souvent spectaculaire. Tout est une question d’un peu d’équipement et d’un oeil photographique à affiner.  Je vous invite à basculer dans un univers photo dont on ne soupçonne pas l’existence.  C’est magique, lumineux, inusité et spectaculaire.  Une option magnifique à ajouter dans votre sac photo.

«Je suis un allumeur de réverbère."

Photo (cliquable): Louis Lavoie

Merci à tous celles et ceux qui prennent quelques minutes pour me faire part de leurs commentaires ou de leurs suggestions après la parution de mes articles hebdomadaires, y compris en profitant de mon sondage.  Toujours aussi apprécié.  Content que le vidéo de la semaine dernière sur la longue exposition vous a plu.

Cette semaine, je vous amène dans un monde fabuleux, celui de l’infrarouge.  Je vous l’avais fait découvrir un peu dans mon article portant sur François Desrosiers.  J’ai récemment traité plusieurs photos infrarouge, dont certaines de mon récent voyage au Utah et suis très content du résultat.    Je m’étais fixé un rendez-vous photographique avec l’infrarouge comme je vous l’avais signalé dans un article avant mon départ.

Plonger dans l’infrarouge est à votre portée et le résultat est souvent spectaculaire.  Tout est une question d’un peu d’équipement et d’un oeil photographique à affiner.

"Au-delà cette porte, votre ticket n'est plus valide." - Storm brewing

Photo (cliquable): Louis Lavoie

La photographie infrarouge consiste essentiellement à utiliser un filtre qui va rendre notre appareil photo plus sensible à la lumière infrarouge.  Cette dernière fait parti du spectre lumineux mais nous ne pouvons la discerner.  Grâce à un matériel spécialisé, un autre monde se dévoile à nos yeux.  Le ciel devient habituellement plus noir et les nuages se détachent beaucoup plus, les feuillages des arbres deviennent d’un blanc assez spectaculaire et la peau des personnes empruntera un blanc passablement laiteux.

Pour faire de la photo infrarouge, deux options s’offrent à nous.  La moins dispendieuse consiste à faire l’achat d’un filtre infrarouge qu’on pourra installer sur une lentille.  Il existe plusieurs types de filtre infrarouge.  Le site Lifepixel.com est une excellente source d’informations sur la photographie infrarouge et sa page sur les filtres infrarouge pour lentille vous permettra de voir les résultats selon le type de filtre. L’utilisation d’un filtre pour lentille a plusieurs avantages: la légèreté (vous n’avez qu’un filtre de plus à transporter) et le coût.  Par contre, l’opacité du filtre va vous obliger à cadrer et faire la mise au point au préalable AVANT d’installer votre filtre. Un trépied est également nécessaire puisque le temps de pose peut être assez long.

«Dead gas pumps heaven»

Photo (cliquable): Louis Lavoie

Plusieurs – j’en suis – ont choisi de se tourner vers la conversion d’un appareil photo.  Plutôt que d’installer un filtre sur la lentille, on installe plutôt le filtre sur le capteur d’un boîtier ou encore d’un appareil compact.  Lifepixel a d’ailleurs produit un vidéo pour vous montrer l’intérieur d’un boîtier modifié.  En procédant de la sorte, l’occasion est belle de donner une 2e vie à un équipement qui dort peut-être sur une étagère.  J’ai, par exemple, fait modifier un Canon 10D.  Aimant tellement la photographie infrarouge mais souhaitant profiter d’un équipement moins lourd, j’ai également fait modifier un appareil compact Canon G6.    Parmi les avantages de cette option, on peut noter le fait qu’on manipule notre appareil modifié comme à l’habitude.  On peut faire de la photo à main levée par exemple.  Faire du portrait en infrarouge, voire même de la vidéo, est alors une possibilité.  Dans les désavantages, notons le coût associé à la modification, le poids de l’équipement qui se rajoute dans notre sac photo (quoique l’impact d’un appareil compact est négligeable) de même que l’absence de toute modification potentielle ultérieure de notre appareil.  Une fois le titre appliqué sur le capteur, on doit vivre avec notre choix alors qu’on peut avoir des filtres infrarouge différents pour nos lentilles.  Pour la conversion, vous pouvez confier votre appareil au site Lifepixel.com ou, mieux encore, à l’excellent centre de service Service caméra pro à Québec.  L’un des employés est une mine d’or en informations quant à la photographie infrarouge.

Toit chinois - chinese roof

Photo (cliquable): Louis Lavoie

Une fois votre équipement en main, je vous suggère d’aborder la photographie infrarouge avec le même regard que la photo noir et blanc.  Puisqu’on élimine les couleurs, notre photo repose sur un choix de masse et de forme et un cadrage en conséquence.  Pour la photo paysage par exemple, on sait que les feuillages deviendront blancs et moelleux.  Par conséquent, il importe d’avoir des masses solides pour ancrer notre photo.  Vous serez également (agréablement) surpris par le détail des nuages dans vos photos.  Celles-ci auront alors passablement de personnalité.

Côté traitement logiciel dans votre chambre noire numérique, vous pourrez travailler vos photos en mode noir et blanc ou encore en «split toning» (traitement deux couleurs).  Pour voir un aperçu de l’un et de l’autre, vous pouvez parcourir ma galerie infrarouge.  J’aime beaucoup également les superbes réalisations infrarouge de Fernand (Pixel), photographe de Québec.  Ma-gni-fi-que.

Est-ce que cet article vous a été utile? Vous donne-t-il le goût d’explorer la photographie infrarouge? N’hésitez pas à me faire part de vos commentaires ou questions. Merci du partage.

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8 commentaires pour «Je vois (infra)rouge»

  1. david dit :

    Bonjour bravo pour votre travail! j ai tester depuis peu la photo infrarouge j ai un canon 7D et un filtre Hoya 720 je rencontre le meme probleme que hubert , j ai suivis vos conseils avec LR , GIMP, PHOTOSHOP sa donne rien et beaucoup de bruit , si vous avez un email je vous enverrais une photo pour vous montrer mon soucis que je rencontre a chaque fois merci d ‘avance

  2. hubert dit :

    Merci pour votre réponse, je vais mette en application et voir les résultats…
    Hubert

  3. hubert marchandise dit :

    Bonjour,
    Je suis admiratif devant cette technique et étant assez curieux j’ai acheté un filtre infrarouge de premier prix pour des essais (Polaroid IR720 camera filter).j’ai donc fait des tests avec un canon EOS 7D.
    1er essai non concluant que des images rouges et impossible dans camera raw et photoshop cs6 d’obtenir une photo qui ressemble aux vôtres…j’ai pourtant essayé plusieurs réglages AV M pause B avec des temps d’expo de 20s à 60s (balance des blancs lumière du jour).
    2eme essai réglages de la balance des blancs sur 2500°… même le ciel reste rouge..non concluant!!
    mes questions
    peut on faire de l’infrarouge avec un Canon 7D
    faut il que le soleil soit sur le coté, derrière moi, de face
    faut il beaucoup de verdure car en ce moment il n’y a pas beaucoup de feuilles sur les arbres
    comment régler la balance des blancs?
    si vous avez le temps merci pour votre réponse
    cordialement
    hubert

    • Hubert, merci de votre intérêt pour la
      photo infrarouge. Pour vous encourager, sachez que moi aussi mes
      photos – en format Raw – ont la même teinte rosacée que vous
      décriez. Par contre, c’est au niveau du traitement numérique, qu’on
      parvient à trouver le traitement que nous souhaitons. Voici la
      «recette». Dans Lightroom, je commence par faire une balance de
      blancs. Avec ma pipette, j’identifie un endroit dans la photo où
      les valeurs sont bien équilibrées. À ce stade, la balance de blancs
      permet d’apporter du «tonus» à notre fichier. Je procède ensuite
      aux ajustements habituels dans Lightroom soit les ajustements
      d’exposition, de blancs, de noirs, le contraste. Pour la netteté,
      j’attends habituellement à la dernière étape. Par la suite, je
      bascule mon fichier dans Gimp – qui est l’équivalent de Photoshop
      (CS6 ou Elements). Dans GIMP, voici mes opérations: 1- image
      => réglages => niveaux automatiques+ contraste
      automatique + couleur automatique 2- image => réglages
      => mélangeur de couches : sélectionner la couleur rouge,
      passer le rouge de + 100 ‡ 0 et le bleu de 0 ‡ + 100. 3- image
      => réglages => mélangeur de couches : sélectionner la
      couleur bleu, passer le bleu de + 100 ‡ 0 et le rouge de 0 ‡ + 100.
      4- image => réglages => luminosité/contraste :
      contraste ‡ +10 5- image => réglages =>
      teintes/saturation : désaturer complètement le rouge, désaturer un
      peu le bleu (-10), et désaturer un peu le magenta (-10) et
      augmenter la teinte du cyan (+30). 6- filtre =>
      renforcement/accentuation => gain : +110, rayon : +2 C’est
      au moment de fignoler teintes/saturation que vous pourrez obtenir
      les effets souhaités. En espérant que le tout vous aide Hubert. Au
      plaisir.

  4. Denis Caron dit :

    Toujours très beau !

    Bravo Louis

    Denis

    • Sylvain Lavoie dit :

      Depuis le temps que je suis ébloui par tes photos infrarouge, cet article me permet finalement de comprendre le fonctionnement de cette technique. Merci! Les résultats sont magnifiques et … toujours surprenants!

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