Visa le noir…obtins le blanc!

Réflexions et réflectionsCette semaine, j’ai le goût de vous raconter une sortie photo que j’ai fait récemment. À partir d’un moment donné dans notre cheminement photo, on ne «prend» plus des photos mais on «fait» des photos. Nuance. On «prend» des photos en mode spontanée; par contre, «faire» des photos repose sur le fait d’avoir une idée précise des photos qu’on veut réaliser et d’un certain montant de préparation. Mais des fois, on a des surprises…et des belles!

Réflexions et réflections

Photo (cliquable): Louis Lavoie

Bon début de semaine à vous tous.  J’ai travaillé fort ces derniers temps pour préparer une toute nouvelle série d’ateliers photo qui seront offerts pour la 1ère fois au Cégep régional de Lanaudière à Terrebonne.   J’ai du plaisir (et le trac quand même un peu) à imaginer des situations, des mises en scène, des contenus pour stimuler la démarche photographique des participants.  Ce sera une série d’ateliers pratiques pour, non seulement mettre en pratique vos connaissances mais également pour aller plus loin dans votre démarche photographique.  Comprenez mieux la lumière grâce au portrait (atelier).  Faites place à la photo créative (atelier).  Éclatez-vous dans l’atelier «photo en folie» (atelier).  Sortons ensemble dans les rues de Montréal dans le cadre de «Montréal en lumières» pour faire de la photo de rue, des filés dynamiques et de la photo de nuit.  Quatre rencontres, quatre moments de créativité.

Les bonnes habitudes ne se perdent pas et on compte offrir à nouveau les cours d’initiation à la photographie à la fois à Terrebonne de même qu’à Repentigny.  Je suis toujours heureux de constater, en parcourant les évaluations à la fin des cours, que cette série répond beaucoup aux attentes des participants.  Les inscriptions auront lieu au retour du temps des Fêtes tout comme pour les ateliers pratiques.

Visa le noir…obtins le blanc!

Cette semaine, j’ai le goût de vous raconter une sortie photo que j’ai fait récemment.  Comme à l’habitude, je prépare mes sorties photo.  J’ai habituellement bien identifié mon sujet.  Si celui-ci est dans un cadre extérieur, je m’applique à vérifier la météo de même que l’angle du soleil.  Bref, je m’applique à mettre de l’avant ce que je m’appliquer à partager avec mes étudiants dans mes cours photo.  À partir d’un moment donné dans notre cheminement photo, on ne «prend» plus des photos mais on «fait» des photos.  Vous aurez compris que l’importance de la nuance.  On «prend» des photos en mode spontanée; par contre, «faire» des photos repose sur le fait d’avoir une idée précise des photos qu’on veut faire et d’un certain montant de préparation.

Ma sortie du samedi matin était planifiée.  Être aux abords du fleuve à proximité de l’île Charron avant le lever du soleil.  La météo promettait d’être intéressante.  Ciel ensoleillé avec passages nuageux.  Un système de précipitation était passé la veille.  Il y aurait donc passablement d’action dans le ciel.  La photo à faire: lever de soleil sur la ville avec le fleuve au 1er plan, quelques roches en prime.  J’avais cette photo à l’esprit depuis quelques semaines en raison du grand nombre de photos paysage extraordinaires dont j’avais pris connaissance.  Certains photographes ont la chance d’habiter à proximité de bords de mer avec des reliefs côtiers sans pareil.  J’espérais recréer, dans un contexte montréalais, de telles photos.  C’était mon projet et ma vision.  Soyons généreux et appelons ça «une vision de l’esprit».

Ce matin-là, une première difficulté surgit.  Je n’ai pas suffisamment repéré les lieux préalablement.  Je suis à la recherche d’un premier plan mais rien n’apparait très intéressant.  Les roches sont loin d’être lisses et polies par la mer.  Elles sont plutôt des vestiges de la construction du Pont-tunnel et ont une apparence industrielle.  Dans la noirceur, je fais un faux mouvement dans le noir et perd l’équilibre.  L’espace d’un moment, je me vois aboutir dans l’eau du fleuve avec mon équipement photo.  L’arrête tranchante d’un bloc rocheux arrête ma chute.  L’équipement est sauf…mon corps moins!

En direction de la ville, je fais quelques photos dont la meilleure sera celle du haut.  Le port de Montréal n’a certainement pas l’attrait visuel du massif de Charlevoix pour ceux et celles qui ont la chance d’assister aux magnifiques couchers de soleil du côté sud du fleuve.  Mais je profite des reflets lumineux du port sur les eaux du fleuve pour cadrer ma photo.

Fleuve

Photo: Louis Lavoie

Je me déplace rapidement par la suite pour profiter des beaux reflets du lever de soleil.  J’y vais pour faire de longues expositions.  Le résultat est toutefois décevant.  Les lueurs sont sympathiques mais le sujet moins.  Les roches au 1er plan sont correctes mais l’autoroute 132 de l’autre côté du fleuve inspire moins.  J’avais une photo à l’esprit mais la réalité était tout autre.  Je me console en faisant la découverte – pendant que je préparais ma longue exposition – d’un couple d’aigles qui nichent à proximité.  L’un d’eux est particulièrement irrité par ma présence et n’arrête pas de rouspéter.  N’ayant pas deux boîtiers et voulant profiter des belles lueurs pour la photo paysage, je ne tournerai pas un objectif dans leur direction.

La cueillette s’annonçait donc modeste jusqu’à ce que je repère un sujet que je n’anticipais pas.

Fragile II

Photo (cliquable): Louis Lavoie

Un superbe renard sortit soudainement d’un bosquet aux abords du fleuve pour se diriger rapidement vers le boisé du Parc des Îles-de-Boucherville.  Il est apparu dans mon champ de vision pour quelques instants à peine, trop peu pour que je pense à le prendre en photo.  Toutefois, je me suis dirigé vers le bosquet où il s’était camouflé jusqu’à mon arrivée.  Et là, mon regard s’est dirigé vers ces magnifiques herbes qui émergeaient de l’eau.  J’ai été attiré par l’aspect zen de la scène.  J’ai appris depuis quelques années à être attiré par des sujets plus «minimalistes».  J’ai donc fait quelques prises photo en mode longue exposition.  Lors du traitement numérique, j’ai choisi d’accentuer le côté zen et minimaliste en privilégiant un traitement «high key» soit une surexposition de mon fichier.  J’ai fait un léger recadrage pour zoomer davantage dans les brindilles d’herbes.

Je le dis souvent, et me le répète plus souvent encore, lors d’une sortie photo, si j’ai une une bonne photo, c’est une sortie réussie.  Une seule photo de réussi, une seule, et me voilà comblé.  Et voilà que malgré mes déboires et mes déceptions et contre toute attente, cette photo minimaliste était ma photo du jour.

J’en tire (encore) une leçon.  J’étais parti avec un projet spécifique, j’avais planifié en conséquence.  Celui-ci n’a pas été dans le sens que je souhaitais.  J’ai visai le noir…et j’obtins le blanc.  J’étais en quête d’une photo spectaculaire et je suis revenu avec un beau  moment intime et zen.  J’espère que la photo vous plaît également.

Il faut planifier nos sorties photo.  Mesurer les éléments.  Bien connaître notre sujet et prendre nos repères.  On veut «faire» nos photos.  Mais quand les éléments ne sont pas au rendez-vous, gardez votre oeil photo alerte.  D’autres sujets surgiront.

Vous avez déjà connu une situation similaire?  Les photos obtenues ont été intéressantes?  Vous «prenez» des photos ou vous «faites» des photos?  Merci pour le partage. 

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3 commentaires pour Visa le noir…obtins le blanc!

  1. Francis G. dit :

    Ta petite aventure aurait bien pu être une des miennes. Ça m’arrive si souvent. Il ne faut cependant pas s’en faire puisque la photographie, surtout celle extérieure, a toujours sa part de hasard. On ne peut pas y échapper. Cartier-Bresson l’exprimait d’ailleurs si bien dans le documentaire « L’amour tout court » en répondant au journaliste qui lui demandait si une des ses photos était un coup de chance :
    « C’est tout le temps de la chance, il n’y a que ça. Il n’y a que le chance qui compte, il faut être disponible, c’est tout. […] Quand on veut, on n’obtient rien, il ne faut pas vouloir. Il faut être disponible, puis là ça vient. »
    C’est cette disponibilité qu’il faut rendre possible en étant plus à l’aise d’un point de vue technique, en étant toujours alerte de la moindre opportunité, en se stimulant au niveau créatif, et en étant soigneux dans sa planification en vérifiant, par exemple, la météo ou les marées.

    Bon article Louis. J’aime te lire.
    FG

    • J’adoooooooore la citation que tu partages avec nous Francis de Cartier-Bresson. «C’est tout le temps de la chance (…) il faut être disponible, c’est tout.» Ouf! Ça résonne tellement dans mes oreilles et dans mon coeur cette citation et ce point de vue. Merci du partage Francis. Vraiment.

    • Bonjour Francis, bonjour Louis
      Je ne saurais quoi rajouter à ton commentaire, si ce n’est que je suis en tout point d’accord. Moi, j’appelle ça « être ouvert »…

      Ah si ! Je rajouterais juste que j’adore la photo de Louis. Zen, effectivement. Graphiquement Zen :^)
      Encore merci, Louis, pour ce moment de lecture rafraîchissant.
      Excellente semaine à vous deux…
      VB

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