La nuit américaine (bis)

La nuit américaine.  Manipuler l’illusion avec votre boîtier et votre flash.  Créer l’illusion de la nuit…ou de la soirée. Créer la pénombre pour conférer une portée plus dramatique à votre photo.  Tout est à votre portée sans recourir à d’importantes manipulations dans votre chambre noire numérique.  Retour sur une technique que j’ai déjà abordée par le passé pour que vous ajoutiez d’autres possibilités créatives à votre équipement.   Sans compter que cette technique peut également vous permettre de vous sortir d’un mauvais pas ou encore de réussir des photos différentes qui vous distingueront.  Bienvenue dans le monde du flash, de la mesure d’exposition, du bracketing et de la sous-exposition.

Bon début de semaine à tous et merci d’être à notre rendez-vous.  J’aimerais saluer aussi celui qui est responsable de l’article d’aujourd’hui, Arno.  Ce dernier me posait une question récemment dans le cadre d’un premier article que j’avais écrit au sujet de la nuit américaine.  J’avais utilisé passablement cette technique au cours d’un voyage dans le mid-ouest américain.  À la lecture de la question d’Arno et en relisant mon article, j’ai constaté que d’autres options techniques pouvaient s’offrir pour réaliser l’effet de la nuit américaine que celles que j’avais partagées à l’époque.  J’ai donc choisi de produire de nouveaux exemples et offrir de nouvelles explications sur le sujet.  Merci Arno donc d’être source d’inspiration.  Et merci à tous de prendre le temps de commenter les articles.  Vous êtes lu. 🙂

Rappelons les principes fondamentaux pour produire l’effet «nuit américaine».  En général, l’expression la « nuit américaine » vient d’une technique de cinéma qui permet, grâce à une sous-exposition de la pellicule et/ou à l’utilisation d’un filtre de faire des scènes de jour mais en donnant l’impression qu’elles se déroulent de nuit.  Côté photographie, il est important de retenir dans cette technique le volet «sous-exposition».  À une certaine époque, on avait recours à cette technique au cinéma pour simuler la nuit (ou le soir) puisque les budgets de production permettaient peu de pouvoir faire de tournage la nuit.  Pour réussir une photo à la «nuit américaine», il faut jumeler une sous-exposition de notre boîtier tout en ayant recours au flash portatif externe que vous pouvez fixer sur le boîtier de votre appareil.   Avec ses limites, le flash intégré de votre appareil peut aussi faire parti de l’arsenal.   Toutefois, sa portée et sa force ne sont pas celles d’un flash cobra.  C’est donc à tenir en ligne de compte.

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Cliquez sur la photo pour voir en grand format.

Voici une situation urbaine intéressante pour créer l’effet de la nuit américaine.  Les affiches et le mur retiennent mon intérêt. Dans un contexte urbain, j’aime bien les graffitis, l’affichage un peu sauvage, l’art sur les murs.  L’éclairage est toutefois ingrat et le reste de la scène, quelconque. Malgré tout le ciel nuageux présente un beau potentiel.   J’affectionne toujours les scènes où les nuages ont beaucoup de personnalité.  Nous sommes vers 12 h 30.  J’ai choisi – pour des raisons que je vous expliquerez plus loin – d’ajouter un polarisant sur ma lentille.  Voici donc une photo captée sans aucun bracketing ni utilisation du flash.  28mm, F13, 1/60s.  Cette photo, pour le moment, a peu de relief et se rapproche du cliché touristique.  N’hésitez pas à cliquer sur celle-ci pour voir en grand format.

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La prochaine étape consiste donc à créer la nuit, c’est-à-dire volontairement sous-exposer la scène pour assombrir le tout. Pour y parvenir, on peut travailler en mode manuel ou priorité ouverture.  On veut déplacer l’indicateur de niveau d’exposition – avec la fonction bracketing (+/-) – vers les valeurs négatives: – 1/3, -2/3, -1, -1 1/3, -1 2/3, -2, etc.).  Si on est en mode manuel, on veut trouver la combinaison ouverture/vitesse pour arriver à ce niveau de sous-exposition.  Plus on se déplace vers la gauche, plus on crée une sous-exposition de notre photo.  Dans le cas de mon exemple, vous voyez une 2e photo prise de la même scène que précédemment mais avec une sous-exposition voulue de -1. Conséquemment, la durée d’exposition est plus rapide que la précédente: 28mm, F13, 1/100s.

Pour ma photo finale, j’y suis allé avec ma recette habituelle.  Puisque j’aime les photos «dramatiques», j’ai sous-exposé ma scène non pas d’un cran (-1) mais de deux (-2).  28MM, F13, 1/200s.  Cette dernière prend des allures de fin de soirée, de tombée du jour alors que nous sommes vers 13 h.  Puisque le sujet principal de ma photo est cette affiche, j’ai alors allumé mon flash.  J’ai favorisé le mode TTL pour ce dernier.  Je me suis assuré de diriger le faisceau lumineux uniquement vers l’affiche. Il en résulte en une interprétation et une mise en scène photo de cette scène.  Tout l’accent est mis sur l’affiche avec les yeux du personnage qui illuminent et percent la nuit. En comparaison, tout est plus banal et sans trop de relief dans la photo originale plus haut.  Le flash vient de prendre son rôle comme outil créatif, agissant comme un projecteur sur une scène qui isole un acteur.

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Le flash nous rend également de précieux services dans des situations ingrates.  Dans ce cas-ci, je suis intéressé à cette murale. Toutefois, la situation représente un défi de taille.  La murale bénéficie de peu de lumière alors qu’à l’extérieur, il fait plein jour.  Devant ces deux situations, notre appareil photo doit choisir.  Dans la photo ci-contre, on constate que la mesure d’exposition fait bien ressortir l’extérieur.  Les détails donnent beaucoup de présence aux nuages.  Voilà qui est un beau complément à la murale.  Toutefois, celle-ci est fortement sous-exposée, tout naturellement, sans que j’aille recouru au bracketing.  ISO: 400, F13, 1/160s. sans flash.

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Dans ce cas-ci, j’ai exposé en fonction de la murale.  Celle-ci ressort beaucoup mieux.  En contre-partie, la portion extérieure devient délavée, fortement surexposée (n’hésitez pas à cliquer sur la photo).  Nos nuages n’ont plus aucune présence.  En fait, ils ont à toutes fins pratiques disparus.  ISO: 400, F13, 1/40s. avec flash. Voilà une situation classique où certains se tourneront vers la technique du HDR.   Toutefois, il y a moyen de faire plus simple.

Je suis revenu à la technique dont je vous ai entretenu précédemment.  Sans chercher à «créer la nuit», j’ai bracketé pour sous-exposer volontairement la scène.  Encore ici, mon curseur pour le niveau d’exposition a été déplacé à -2.  J’ai donc retrouvé l’exposition juste pour l’extérieur.  J’ai ensuite allumé mon flash et je suis assuré de diriger mon faisceau vers la murale.  ISO: 400, F13, 1/200s avec flash.  J’étais en mode TTL encore une fois, quoique si l’intensité avait été trop importante, j’aurai eu recours au mode manuel du flash pour atténuer cette intensité.  Encore une fois, l’utilisation du flash nous permet à créer une mise en scène des éléments dans notre photo et surtout, nous est fort utile pour nous sortir d’une situation complexe.

Voici ci-dessous, un autre exemple de même nature.  Vous pouvez cliquer sur les photos pour celles-ci en grand format.

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Cette technique de la nuit américaine peut servir à plusieurs usages.  J’ai profité du camp d’entraînement de mon équipe de football (américain) préférée, les Triades de Lanaudière, pour expérimenter celle-ci en photo sportive.  L’effet est intéressant, surtout si on veut produire des photos qui sont différentes.  Encore une fois, sous-exposition de deux crans (-2) avec un flash en mode ETTL (Canon).  ISO 100, F13, 1/200 de seconde avec polarisant. Nous étions vers 9 h 30 du matin.  Le recours à une ouverture plus petite est nécessaire afin que je puisse être en deçà de la limite du 1/200s. que m’impose mon boîtier lorsqu’un flash cobra est installé. Certains boîtiers ont une limite de 1/250s, d’autres 1/200s.  Cette limite peut être outrepassée si vous faites appel à la fonction «high-sync» de votre flash.

Le recours à une sous-exposition et l’utilisation simultanée d’un flash est plus fréquent dans le domaine du portrait.  C’est souvent le cas lorsqu’on veut produire un portrait avec un peu d’effet et de punch dans des conditions plus ingrates.  Dans ce cas-ci, la mesure d’exposition a été faite en fonction du ciel pour donner de la personnalité à celui-ci.  Si j’avais concentré ma mesure d’exposition sur la modèle, la durée d’exposition aurait été passablement longue et le ciel aurait perdu de son cachet. Pour conserver ce dernier, il me fallait privilégier une vitesse de 1/400s.  Le flash est ensuite devenu mon outil créatif pour donner la touche finale à la mise en scène.  J’ai eu recours au flash avec un gel orangé, et en mode «high-sync» pour me dégager de la limite du 1/200s. ISO: 100, F1.4, 1/400s.

Nous avons abordé plusieurs éléments cette semaine grâce à la «nuit américaine»: la sous-exposition volontaire de notre photo, le bracketing, le recours et les possibilités créatives avec le flash, la création de photos au rendu différent.  La technique de la nuit américaine est intéressante à connaître et à ajouter à votre sac photo.  Tous les sujets ne s’y prêtent pas mais lorsque l’occasion se présente accompagnée de l’obligation de produire une photo qui doit se distinguer, vous serez heureux de la connaître.

N’hésitez pas à commenter et merci encore une fois pour votre présence.  

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Un commentaire pour La nuit américaine (bis)

  1. Nancy dit :

    Merci beaucoup, très intéressant!

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