La simplicité volontaire pour faire une bonne photo

"Tire la chevillette, la bobette cherra"... (ou qqchose du genre dans un conte connu;-)Kiss, «keep it simple (and stupid)».  Ne pas faire compliqué.  Débuter lentement.  Lorsqu’on commence à faire de la photo plus sérieusement, on veut peut-être trop en faire.  Prendre des plans trop complexes, trop chargés, réfléchir trop à la profondeur de champ et à tous nos réglages.  Je vous propose cette semaine quelque chose de très très très simple…et qui vous apparaîtra plutôt compliqué à réaliser.  Vous doutez?  Poursuivez la lecture si vous souhaitez faire de la bonne photo. 😉

La semaine en folie

Dernière semaine pour plusieurs rabais qui se terminent au 31 mars.

«Keep it simple»

Apprendre à bien disposer les éléments dans notre cadre pour créer une bonne photo, voilà quelque chose qui s’acquiert avec le temps, les exercices, l’observation, l’apprentissage, sans négliger la formation.  Dans mes cours, j’aborde bien entendu les principes et les règles qui peuvent guider la disposition de ces éléments.  (J’ai bien écrit «guider la disposition» et non «imposer la disposition».)

"Tire la chevillette, la bobette cherra"... (ou qqchose du genre dans un conte connu;-)Je constate qu’il est difficile, lorsqu’on fait ses premiers pas en photo,  à bien disposer les éléments dans notre cadre pour former un tout cohérent.  On a souvent le mauvais réflexe de trop en mettre dans notre cadre.  On inclus tout avec d’inévitables chevauchements.  Il faut commencer par créer un tout cohérent pour ensuite viser à créer un tout «signifiant».  Quelle est la différence?  On peut par exemple avoir bien camper le décor de notre photo et bien identifier dans celle-ci notre sujet mais notre photo est prise de trop loin et le sujet n’est pas vraiment «signifiant», ne provoque pas d’émotion, n’a pas une importance suffisante.  Voilà la différence entre un tout cohérent et un tout signifiant.  Mais je m’emballe et m’avance trop vite.

Commençons par le commencement.  Voilà le but de notre exercice d’aujourd’hui.  Commençons par identifier un fond à notre photo.  Mieux encore, identifions un fond uni pour notre photo.  Un fond neutre si vous voulez.  Par la suite, nous devons camper UN élément devant ce fond.  Un seul.  Un.  Oui, oui, vous avez bien lu, UN seul élément.  Nous devons le placer à un endroit dans notre cadre pour le mettre en valeur (attention, la règle des tiers peut-être).  Nous devons lui donner une importance, un volume dans notre cadre suffisamment pour que ce sujet devienne signifiant, qu’il aille la portée qu’on veut bien lui donner.

Pas de deux (Explore Jul 31, 2011 #269)Ci-contre à droite, un fond avec un ciel passablement agité et avec du mouvement.  Je commence peut-être avec un mauvais exemple puisque mon fond n’est pas uni et neutre mais soyez indulgent.  J’ai choisi une branche noueuse pour aller avec le mouvement dans le ciel.  J’ai choisi de me déplacer pour inscrire cette branche dans le mouvement des nuages.  Rien de compliqué.  Un ciel avec des nuages – une branche d’arbre noueuse devant celui-ci.  J’accorde une certaine importance à la branche en terme de volume au sein du cadre.  Je visais chez le lecteur de la photo une certaine appréciation esthétique de la scène certes mais également un aspect plus dramatique, plus tourmenté.  Pour ce faire, la branche devait être passablement visible tout en se détachant correctement du ciel.  Il fallait donc qu’elle ne soit pas dissimulé dans les nuages.  Je pense être parvenu à avoir une photo «signifiante».

Zen 3Dans cette autre photo, mon fond blanc est constitué par la neige.  Un fond uni.  Choix d’une plante séchée sur ce fond uni.  Choix motivé par la forme de la plante, ses détails, son angle, le fait que ses trois branches ne se superposent pas, ne se nuisent pas mais sont bien distinctes.  Quelques pas de côté pour trouver le bon angle.  J’ai donné le volume que je trouve judicieux à ma plante pour qu’elle occupe une bonne part du cadrage, pour qu’elle aille la présence que je trouve pertinente, pour que la photo soit «signifiante». Signifiante pour son esthétisme peut-être mais également diverses émotions qu’on peut ressentir devant cette plante fragile en plein hiver.  Abandon? solitude? force? résilience?

"Like a lonesome cowboy..."Autre exemple.  Encore une fois, un fond uni.  Choix d’un seul élément dans mon cadrage soit ces accessoires de selles de chevaux.  Que choisir?  Que retenir?  L’ensemble?  Un détail?  Comment camper cet élément?  À l’horizontal?  À la verticale?  Quelle est l’importance à accorder à ces accessoires dans notre cadrage?  Comment donner une cohérence à notre photo?  Peut-on en faire une photo signifiante?  Vous voyez, l’exercice est simple – très simple mais il exige réflexion, analyse, cadrage, choix.  Et il est d’autant plus complexe du fait que nous n’avons qu’un seul élément à tenir en ligne de compte.   Un cowboy vient s’ajouter à côté de ces accessoires.  Comment recadriez-vous votre photo?  Quelle importance accorderiez-vous au cowboy?  Aux accessoires?  Je parie que vous imaginez très bien la photo dans votre esprit.  On peut donc très bien construire une photo un élément à la fois.

Réverbère...Street LampUne dernière.  Un fond blanc uniforme.  L’ombre sur celui-ci.  Mon oeil est attiré par la forme.  Le défi est alors de placer l’ombre dans mon cadrage pour qu’il aille le volume et un emplacement judicieux pour rendre ma photo dynamique.  Je privilégie le tiers du haut dans ma photo afin d’avoir une ligne dynamique qui s’échappe du cadre à la gauche pour mener vers cette lampe.  Encore une fois, une photo avec un seul élément et la tentative – j’espère réussie – de créer une photo avec un certain esthétisme et de l’émotion.  Voilà une photo qui m’est toujours chère car elle me ramène toujours au rôle que je tente de jouer auprès de mes élèves en photo, c’est-à-dire d’être un allumeur de réverbères, un allumeur de passion «photo».

Vous commencez en photo ou encore vous avez déjà un certain parcours?  Dans un cas comme dans l’autre, je vous encourage à faire cet exercice de créer des photos composées d’un fond et d’un seul élément.  Déjà vous en serez rendu à «faire des photos» plutôt qu’à «prendre des photos».  La différence est importante.

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6 commentaires pour La simplicité volontaire pour faire une bonne photo

  1. Lionel B dit :

    Bonjour Louis,
    Merci . Que dire de plus… Sylvain a déjà tout dit
    [Mode Petite voix ON] Note perso : A appliquer d’urgence [Mode Petite voix OFF]

  2. severine dit :

    La simplicité n’est-elle pas l’essentiel finalement ?
    Quelle belle leçon, quel article efficace. La lecture de votre blog est toujours un plaisir, mais là en plus il m’a ramené aux bases que nous oublions parfois.
    Merci Louis 🙂
    Séverine

  3. Sylvain Lavoie dit :

    Salut Louis,
    De toutes les leçons jusqu’ici, c’est celle-ci qui me semble la plus compliquée. Elle nous ramène à l’essentiel. Pas facile, la simplicité! Bravo pour la façon dont tu nous guides vers un très beau point de départ.

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