Les voies ferrées? Irrésistibles…mais gare!

Lavoie ferré (ou pas ferré, c'est selon)Les voies ferrées? Irrésistibles vous ne trouvez pas? Leur forme, leur contour, les sentiments qu’elles nous permettent d’exprimer et ces lignes de fuite si évocatrices. Y’a toujours quelque chose de magique qu’on ressent au contact de l’acier et des dormants. L’odeur aussi. Et marcher en équilibre sur les rails nous ramène de merveilleux souvenirs de jeunesse. Ces voies ferrées m’attirent…et vous aussi peut-être. Il y a quelques jours, j’étais à faire cette photo tout comme d’autres. Puis est survenu un incident qui va peut-être modifier ma relation avec les rails. Va peut-être l’interrompre. Mais comme photographe, peut-on vraiment rompre l’appel irrésistible des voies ferrées?

Lavoie ferré (ou pas ferré, c'est selon)Avis: l’article de cette semaine relèvera de l’état d’âme et de doléances à l’égard d’une loi canadienne. Que mon lectorat européen – aussi nombreux que les internautes québécois – me le pardonne.

L’âme de notre pays…l’âme du photographe

Photo: Denise Sarazin

Je l’affirmais d’entrée de jeu, les voies ferrées exercent un pouvoir d’attraction sur moi…et pour bien d’autres: des penseurs, des rêveurs, des désoeuvrés parfois, des artistes et des photographes.  Je dirais même qu’elles attirent les photographes autant que le miel pour les insectes ou la poussière sur nos capteurs (!). On y fait des photos pour les forme, les textures, pour le vide ou encore l’infini. C’est vrai qu’elles mènent vers l’infini ces voies ferrées, non? Elles servent aussi de lieu pour des portraits, de la photo de mode, de mariage, de la photo créative aussi. Combien de fois y ai-je vu des étudiants en photo utiliser les lieux avec des modèles, des accessoires, visant l’essentiel: créer des photos nouvelles, différentes, inédites même si les lieux ont été visités et revisités de nombreuses fois. Et si on les fréquente, ce n’est peut-être pas toujours comme photographe mais parfois, on est appelé à être modèle. 😉

Gare!On ne reste pas insensible non plus à ces trains qui passent à l’occasion, à leur force, leur puissance, à la terre qui tremble et gronde. Bien entendu – toujours pour nos lecteurs européens – il n’est pas question ici d’un TGV mais plutôt de nos trains propulsés par des locomotives diesel utilisées pour le transport commercial. C’est lourd, massif, bruyant, intimidant. Un vrai mastodonte.  Et on aime. Les prendre en photo? Naturel, un réflexe primaire. Une impulsion irrésistible.

On passe à l'est?C’est sans compter tout le cachet que les rails peuvent ajouter à un décor. Ils donnent vie aux lieux tout en ajoutant des lignes dynamiques dans notre cadrage et notre composition.  On peut profiter de ces rails pour insérer des lignes de coin qui donnent une puissance graphique à notre photo. Une ligne de coin part habituellement d’un coin inférieur (gauche ou droit) et provoque une diagonale et une zone de démarcation.

Cet édifice aux allures constructivisme russe a un cachet particulier qui a attiré mon regard. Avec les rails, il est tout à fait croquant. Il évoque une autre époque et surtout le fait qu’il pouvait être sur une route pour passer à l’est…ou à l’ouest dans une Europe d’une autre époque. Alors qu’on roule sur les rails, que se passe-t-il dans cet édifice? Quels mystères y planent?

La photo et les voies ferrées…une question d’équilibre

Photo: Denise Sarazin

On peut s’emballer, s’enthousiasmer, fréquenter ces lieux fois après fois en peaufinant continuellement nos photos…en captant de plus en plus des moments magiques, des formes splendides.  Mais vient un moment où le sort nous tombe dessus…sans crier gare!

Ce moment est survenu dans mon cas il y a quelques semaines.  Je déambulais tranquillement sur les rails d’une gare de triage industrielle dans l’Est de Montréal.  Tout était tranquille.  La scène était inspirante et j’en profitais pour capter avec ma G11 certaines des photos dans cet article.  J’étais subjugué par le langage des formes, un traitement numérique noir et blanc viendrait éventuellement leur rendre justice.

J’étais à prendre mes dernières photos et songeais à quitter les lieux lorsqu’un véhicule 4×4 se dirigea à pleine vitesse dans ma direction.  J’ai tout de suite compris que la sérénité du moment venait de s’envoler aussi vite….qu’un TGV tiens.  Je ne vous raconte pas les amis les différents scénarios qui ont traversé mon esprit.  Disons que j’ai retenu le plus sage c’est-à-dire de parlementer avec le policier (ferroviaire) qui sortit rapidement du véhicule après qu’il se soit arrêté à ma hauteur.  «Mettez-vous devant monsieur.  Papier d’identité!»  Bon, pour le parlementage, disons que c’était mal parti.  Vérification de mon identité dans son véhicule.  Le policier ressort avec… une contravention!  Même si l’interdiction d’accès n’était pas affiché (j’ai bien vérifié en faisant le tour du propriétaire par la suite), semble-t-il qu’en vertu de la Loi sur la sécurité ferroviaire of Canada (♫♪), il m’était interdit de me retrouver sur les terrains privés appartenant aux compagnies ferroviaires, et évidemment, plus encore, de déambuler sur les voies ferrées comme – sans doute la caméra ou un cheminot très discret – avait pu faire connaître aux autorités policières ferroviaires.  Voilà donc que j’étais bien pris.

Argumenter après que la contravention est rédigée…les possibilités de succès sont nulles.  «Ça vous tentait pas un avertissement?»  «Les avertissements, ça ne fonctionne pas! Les gens ne comprennent pas.»  Ah bon!  J’ai failli ajouter que je ne comprendrais pas non plus parce, vous savez, nous les photographes, on est attiré par les rails comme le miel pour les insectes ou encore les poussières sur nos capteurs.  Mais j’avais un doute que le courant sympathique ne passait pas beaucoup entre le policier et moi.  😦

Quand je raconte cet incident, j’ai toujours la question qui tue.  Surtout chez les collègues photographes qui – eux-mêmes – profitent de ce terrain de jeu pour leurs photos.  La contravention, c’est combien? La réponse: 150$.  Presque le même prix que la magnifique nouvelle lentille de Canon 40mm, format pancake (chez B&H).  150$, pour la 1ère contravention.  Vous devinez que je n’essaierai pas de savoir, sous peu, le coût pour une 2e. 😉

D’autant plus que c’était la 1ère fois – je vous jure M. l’agent – que je m’aventurais sur des rails.  Les photos dans cet article?  Euh..les apparences sont trompeuses.  Le funambule sur les rails?  La ressemblance est frappante mais …euh…c’est fou ce qu’on trouve sur photo stock.  Le type sur la chaise?  Bah…vous ne reconnaissez pas Charlie Chaplin?  Il me semble qu’il déambulait continuellement sur les rails Chaplin non monsieur l’agent? Heureusement, qu’il n’était pas au Canada – il aurait été ruiné.

Puisque je déraille, j’ai envie de conclure avec cette magnifique citation de Chaplin au moment où il faisait don de 2M de francs à l’Abbé Pierre et à Emmaüs en 1954: « Je ne les donne pas, je les rends. Ils appartiennent au vagabond que j’ai été et que j’ai incarné. »  C’est ça l’attrait des rails les amis.

Opportuniste comme pas un, je rappelle que les photos qui vous plaisent peuvent être achetées sur mon site Smugmug.  J’ai quand même une contravention à payer. 🙂 (LOL)  N’hésitez pas à commenter et merci pour votre présence les amis. 

Aubaines et nouveautés

Comme à l’habitude, voici quelques découvertes pour des aubaines et des nouveautés dans le domaine de la photo.  Des nouveautés? Ooooooh que oui!

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7 commentaires pour Les voies ferrées? Irrésistibles…mais gare!

  1. La vie est curieuse et le hasard encore plus. Alors que vous étiez occupé à vous faire prendre par la police du rail, hier j’ai vécu la même aventure que vous dans mon coin en Belgique.

    Normalement, il n’y a JAMAIS personne dans ce coin là, c’est plein d’aiguillages, de voies désaffectées etc. ancienne gare de triage et hier, l’envie m’a prit d’aller faire quelques photos des rails etc. Je n’en avais pas encore faites avec mon nouvel appareil (Nikon D5100). Je disais donc qu’il n’y a jamais personne sauf hier où un type en civil qui se promenait sur un wagon de marchandise descend et m’interpelle. Que faites-vous ici ? De la photo je lui répond tout surprit… C’est interdit me répondit-il ! … Quoi lui dis-je ? de faire de la photo ? … Réponse, non, de vous trouver là sur un ton très agressif … Ah bon ? … et vous allez faire quoi ? M’arrêter ? m’incarcérer ? Faire le printemps arabe du chemin de fer ? Appelez Bachar El Assad, les russes et les chinois à la rescousse ? … Bon, comme il était tout seul perdu dans ce coin tout aussi perdu et un dimanche en plus et que je suis plutôt « costaud », il s’est calmé en me devisant et en se rapprochant de moi, il a changé de ton … pour finir, il m’a laissé faire ce que je voulais et est reparti en maugréant gnan gnan gnan…

    Depuis tout petit, j’aime les trains … Ce sont des lieux emprunts de forte personnalité avec toujours une atmosphère particulière. En tous cas, j’aime beaucoup … Tout cela pour dire que … « Comme le monde est petit » 🙂 Mais je n’ai pas du payer les 150 😉

    Bien à vous !

    • Merci pour témoignange.  Quelle coïncidence effectivement.  Quel hasard.  Mais confirmation quand même de l’attrait qu’exerce ce sujet chez les photographes.

      ________________________________

    • Oui, vraiment curieux hasard ! … 🙂 … Puis-je vous demander au sujet de la première photo sur cette page, les rails en noir et blanc et aiguillages, cette photo a été réalisée avec quel objectif ? … J’aime beaucoup, elle est très nette et ne parviens pas (encore) à faire ce genre là aussi net avec mon 18-105 – 3.5-5.6 … ??? Merci 🙂

    • J’espère ne pas vous décevoir mais mes photos à cette gare de triage (y compris celle avec l’édifice un peu constructivisme russe) ont été capté avec mon appareil compact Canon G11. 

      ________________________________

    • Belle netteté, j’aime beaucoup, comme quoi hein 😉

  2. la lettre k dit :

    Arf… quelle mauvaise voie…

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