Oser…puis oser encore plus

Il faut oser.  Essayer.  Se tromper même.  Recommencer. Puis lorsqu’on a osé et qu’on avoir réussi, oser encore plus. Pourquoi ne pas aller dans des zones inconfortables, celles qui pourraient nous mériter des regards interrogateurs.  Pas important.  L’idée est parfois d’appuyer sur le champignon et d’aller au bout d’une idée et d’une vision pour voir où ça pourrait nous mener.  Ce ne sont que des pixels après tout, non?

Bon début de semaine à vous tous.  Merci d’être présent à ce rendez-vous des passionnés photo.  J’ai été très heureux de constater que mon article de la semaine dernière sur la neige a retenu l’attention de plusieurs, malgré qu’on soit (en principe) au printemps.  🙂

Depuis quelques temps, j’ai beaucoup de plaisir à explorer le monde du flou.  Je vais de surprise en surprise, parfois anticipant correctement le résultat que je vais obtenir, d’autres fois étant complètement ébloui et renversé par le résultat.  Pour peu qu’on ne soit pas toujours à la recherche de la représentation la plus fidèle de la réalité (au fait, la réalité, c’est quoi?), l’univers de la pose longue et du flou nous mène vers un autre monde. C’est de l’abstraction diront certains – abstraction s’appuyant sur l’absence de certaines caractéristiques qui enlèvent «un sens» à l’objet ou à une scène.  Cette absence «de sens» nous fait perdre la référence quant à la nature et les propriétés de ce que nous voyons. Devant une abstraction, on entend souvent les gens s’interroger: «C’est quoi?» L’appréciation de plusieurs reposent sur ce besoin qu’ils ont de retrouver du «connu»,  une «certitude» ou une «référence». D’autres n’auront aucune difficulté à apprécier une création dans l’inconfort.

Peut-être en raison de mon intérêt pour l’art contemporain et de mes visites fréquentes d’expositions, ma frontière «d’inconfort» est passablement repoussée.  Devant certaines oeuvres, je suis parfois inconfortable et perplexe – peu par le traitement mais plus souvent en raison du sujet.  J’ai toutefois peu d’inconfort devant des oeuvres abstraites.  Le modernisme nous a habitué à plusieurs courants visuels où la représentation de la réalité est rarement au rendez-vous.

Grâce à la pose longue, on peut donc prendre nos distances avec des objets usuels et les faire paraître sous un jour nouveau.

google+-2942Dans un bibliothèque, j’ai choisi d’expérimenter ma pose longue devant ces rayons de livre.  Avec mon appareil compact Canon G15, j’ai sélectionné une vitesse de 1/4 seconde puis j’ai procédé à un balayage à la verticale.  Le résultat est quelconque.

google+-2941Avec une vitesse de 0,3 seconde et un mouvement ascendant plus rapide, le résultat devient plus intéressant (à mon goût).  On reste dans l’évocation de rayons et de livres mais l’abstraction commence à naître, tout en beaux coloris.  Certains seront heureux du résultat à ce stade-ci.  Mais si nous osions encore plus?

Personnellement, j’aime bien ce résultat.  Nous sommes dans l’abstraction pure. Plus rien n’évoque livres, rayons, librairie.  Nous sommes plutôt dans une oeuvre en mouvement et coloriste à souhait.  Ce dernier résultat a été obtenu tout simplement en accélérant encore davantage le mouvement ascendant dans l’espace de 0,3 seconde.

google+-2939Dans le même esprit, j’ai fait d’autres tentatives toujours au même endroit.  Dans ce cas-ci, je me suis concentré sur l’ensemble du meuble de la librairie.  J’étais encore une fois à une vitesse lente (priorité ouverture) de 1/4 de seconde. Lorsque le sujet est dans une forme verticale, je privilégie un mouvement qui va dans le même sens.  Mon premier résultat était peu satisfaisant dans mon esprit.  J’ai donc choisi tout simplement de conserver ma vitesse mais en accélérant mon mouvement ascendant.  À noter que j’ai probablement privilégié une mesure d’exposition à prépondérance centrale pour obtenir une vitesse plus lente. Une mesure évaluative aurait tenu en ligne de compte la présence dans mon cadrage d’une fenêtre passablement lumineuse à la gauche du cadrage et aurait donc entraîné une plus grande vitesse d’exposition.

google+-3169

Voici un autre exemple.  Dans la grisaille d’une froide journée hivernale, ces toutous sympathiques et colorés dans un bac à fleurs d’un commerce ont naturellement retenu mon attention.  J’ai fait un premier cliché très «touristique» de l’objet. Rien de très recherché même si le sujet méritait un meilleur traitement.  Toutefois, je savais qu’un objet aussi coloré ferait un bel effet si je réalisais une photo dans l’esprit de ma série «Spirits» où je privilégie une vitesse lente et un «immense» flou de bougé. Suffisait d’attendre un passant et de déambuler avec lui devant la devanture.  Et clic!

Photo 100 iso, 1/4 seconde, F8, Canon G15.

On peut certes obtenir des résultats similaires aux photos du haut grâce à des manipulations logiciel.  On peut créer un flou dans Lightroom ou encore en privilégiant la manipulation de plusieurs couches dans Photoshop et en décalant celles-ci les unes par rapport aux autres. Toutefois, si on est en mesure de produire l’effet souhaité directement à la prise de photo, pourquoi ne pas y avoir recours sur le champ?  D’autant plus que vous serez en mesure de voir vos résultats dès la prise de photo et qui sait, après avoir osé, peut-être oserez-vous encore plus? 🙂

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10 commentaires pour Oser…puis oser encore plus

  1. Christophe dit :

    Quand on pense à toutes ces heures passées par les ingénieurs pour développer des systèmes de stabilisation d’image… c’est amusant non ?

    • Personnellement, je trouve aussi que c’est amusant. Il faut trouver des espaces de liberté. Merci aux manufacturiers de vouloir nous faciliter le travail mais…on va continuer de réfléchir pour nous-mêmes non?

  2. clodeben dit :

    J’aime beaucoup, c’est de la créativité à l’état pur, j’ai d’ailleurs aussi expérimenté et posté quelques photos dans cet esprit.
    merci Louis.

  3. scotch dit :

    Pas mal comme travail, et merci de la réflexion qui va avec. C’est vrai qu’il faut tester et encore tester, pour apprendre à faire différemment. Original. Unique.

  4. Sandrine dit :

    la première photo en pause longue me fait penser a des bobines de rubans….
    J’aime beaucoup !
    Merci pour ces magnifiques photos.

  5. Lugol liliane dit :

    Merci Louis pour ces idées magnifiques que vous nous offrez si généreusement.
    J’étais justement un peu en panne. Je vais essayer.
    Liliane

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