Se lancer dans un projet pour faire de la belle photo

Order your copy of the Yoga for Multiple Sclerosis 2013 Calendar at yoga-for-ms.myshopify.com All proceeds will go to the MS Society of Canada, which has officially endorsed this project.

© Denise Sarazin – milagrophotography.com

Vous voulez que votre cheminement photo prenne de l’essor?  Vous voulez mieux vous connaître comme photographe? Vous souhaitez arriver à un niveau supérieur pour la maîtrise de votre équipement? De votre style photo? Du traitement de vos images?  De la connaissance d’un sujet qui vous intéresse?  Vous sentez que vous êtes prêt à faire un bond en avant et que vous voulez progresser?  Vous êtes alors mûr pour vous lancer dans un projet photo.  «La nécessité est mère de l’invention» et l’obligation de résultat est la marraine de votre progression photo.  Passage obligé.  Pour en témoigner une belle rencontre avec Denise Sarazin, photographe.

Order your copy of the Yoga for Multiple Sclerosis 2013 Calendar at yoga-for-ms.myshopify.com All proceeds will go to the MS Society of Canada, which has officially endorsed this project.

© Denise Sarazin – milagrophotography.com

Bon début de semaine à vous tous.  Je suis particulièrement excité par le sujet de l’article de cette semaine car je crois profondément dans les vertus de la proposition de celui-ci.  Parlez-en aux plus grands, parlez-en à ceux qui sont en cheminement dans leur carrière photo, la réalisation d’un projet – quel qu’en soit la nature – a le mérite de vous confronter à des obligations qui mènent au dépassement, à la créativité, à l’improvisation, à la débrouillardise, à la réflexion surtout.  Beaucoup.  En se lançant dans un projet, on passe du stade de prises de photo ça et là au gré de nos pérégrinations à une démarche concertée, réfléchie, avec des finalités recherchées.  Au risque de me répéter, on franchit une étape importante comme photographe puisqu’on passe du stade «de prendre des photos» à celui «de faire des photos».

Je remercie Denise Sarazin, photographe portraitiste dans la région d’Ottawa, qui a accepté de témoigner sur un projet photo qu’elle vient tout juste de conclure.  Elle a réalisé une série d’une quinzaine de photos mettant en vedette des instructeurs de yoga de la région d’Ottawa dans le but de produire un calendrier dont la vente vise à recueillir des fonds pour lutter contre la sclérose en plaques.

© Louis Lavoie photo

Merci Denise de partager avec nous l’expérience que tu as vécu dans ton dernier projet.  Comment en vient-on à se lancer dans un projet de longue haleine comme tu as fait?

En fait, coïncidence ou non, j’avais finalisé mon plan d’affaires pour la prochaine année une semaine avant qu’on me propose ce projet.  Dans mon plan, mon 2e objectif consistait à mettre ma pratique photo au service d’un projet à des fins communautaires.  J’avais le goût de faire un projet pas seulement pour me faire progresser comme photographe mais également pour servir ma communauté.  Il se trouve que la mère de mon gendre – dont ce dernier souffre de la sclérose en plaques – a eu l’idée de produire un calendrier portant sur le yoga afin de recueillir des fonds pour lutter contre cette maladie.  Elle m’a proposé le projet.  Puisque le sujet de notre projet doit nous passionner, voilà que j’étais bien servi et très convaincu du bien-fondé du projet.

© Denise Sarazin, milagrophotography.com

Le projet s’est échelonné pendant combien de temps?

À l’origine, puisqu’on parle d’un calendrier, je devais faire treize sessions photo.  Dans les faits, une quinzaine de session ont été nécessaires.  Le projet m’a occupé une partie de l’été alors que j’ai débuté mes travaux photo au début juillet.  En tout, une douzaine de semaines ont été requises pour la prise de photos et la mise en page.  Il faut comprendre qu’en marge des sessions photo, je suis allé faire du repérage pour des lieux et faire des essais avec d’autres modèles.

En quoi le projet t’a-t-il fait progresser comme photographe?

© Denise Sarazin, milagrophotography.com

Avant même d’aborder le volet photographique, je dirais que sur le plan humain, le projet m’a permis de rencontrer des êtres extraordinaires.  Les yogis – le terme pour nommer les instructeurs de yoga – sont des personnes très sereines.  Elles ont démontré un calme remarquable durant les sessions photos.  Elles étaient compréhensives, respectueuses.  Elles s’appliquaient à garder leurs poses le temps requis pour la prise de photos.  Jamais de frustration.  Un bonheur pour une photographe.

Le projet m’a également permis de me faire une niche auprès des studios de yoga.  J’ai d’ailleurs obtenu un contrat auprès de l’un d’eux suite à mes sessions photos.  D’autres pourparlers sont en cours.  Mon bénévolat m’a donné des retombées intéressantes.

Côté technique, j’ai misé sur mes flashs portatifs Nikon plutôt que mes flashs studio habituels.  Je me suis également davantage tourné vers mes réflecteurs.  En utilisant ces outils plus à fond en raison du projet, j’ai aujourd’hui une meilleure connaissance et maîtrise de ceux-ci.

© Denise Sarazin, milagrophotography.com

Tu travaillais sur un sujet qui était en apparence serein.  Est-ce que le projet était à cet enseigne?

Pas toujours.  Comme lors d’un contrat, on a une obligation de résultats.  À chaque session photo, je devais obtenir une photo qui répondait aux besoins du projet quelque soit les conditions.  Même si j’avais imaginé une image, les conditions ont fait en sorte qu’à l’occasion, j’ai dû modifier mon scénario.  Il fallait alors faire preuve de créativité et d’improvisation.

En général, j’ai cherché à tenir mes sessions photo pendant l’heure dorée dans des lieux où on pouvait retrouver verdure et eau pour bien illustrer l’harmonie et le calme qui se dégagent de la pratique du yoga.

À l’occasion, je n’ai pas hésité à me tourner vers les médias sociaux pour obtenir des informations et des conseils pour mes sessions photos.  C’est incroyable combien de personnes sont disponibles et généreuses d’informations lorsqu’on lance un appel.

© Denise Sarazin, milagrophotography.com

Est-ce que tu recommanderais à d’autres photographes de se lancer dans un projet photo?

Absolument et sans hésitation.  Même si on est un pro, les projets nous font progresser.  Si on est au stade de se bâtir un portfolio, un projet nous permettra des images fortes et homogènes, idéal pour bâtir un corpus.  En prime, le projet peut nous permettre de découvrir et d’occuper une niche comme photographe.

En fait, j’ai un nouveau projet en tête.  J’ai beaucoup aimé mon expérience dans le domaine du yoga et je compte explorer les secteurs du ballet et de la danse. Y’a aussi un marché important pour la photo «style de vie» («lifestyle»).

Dans les aspects plus logistiques et légaux, que retires-tu de cette dernière expérience?

Il est très important – dès le début du projet – de définir les rôles et responsabilités des participants au projet.  Qui agira à la direction artistique du projet?  Au chapitre du marketing?  À la mise en marché? Comme photographe, il m’importait que le calendrier que nous produisions soit un produit de qualité.  Il en allait de ma réputation comme photographe.

Il est aussi important comme photographe que nous conservions les droits d’auteur sur nos photos.  Dans ce cas-ci, mes photos servent bien entendu pour la réalisation du calendrier mais je pourrai les réutiliser éventuellement et les commercialiser comme «stock shot lifestyle».  Comme à l’habitude, il faut obtenir les autorisations nécessaires de la part de nos modèles.  Quelle belle découverte que cette application «Easy Release» pour Ipad qui simplifie tellement la signature et l’acheminement des autorisations aux modèles.

© Denise Sarazin, milagrophotography.com

Que conclure au sujet de ton dernier projet?

Manifestement, le projet a touché une corde sensible dans la communauté.  Il a fait l’objet d’un article dans un quotidien d’Ottawa. Plusieurs studios de yoga dans notre région contribuent à la vente du calendrier.  Nous avons également développé un site Web pour permettre la vente en ligne du calendrier.  Le produit est de qualité et j’en suis très fière.  Ma tête bourdonne d’autres projets à entreprendre. 🙂

Merci Denise. 🙂

Mais encore….

Les calendriers sont souvent source d’un projet.  Une photographe que j’avais d’ailleurs porté à votre attention par la passé vient également de mettre sur le marché un calendrier portant sur son sujet de prédilection: les chats de ruelle.  Je reste emballé par la démarche de Joëlle Mercier qui s’applique à photographier les chats de ruelle.  Voilà un sujet inusité et passionnant.  Fait à signaler, une portion des fonds provenant de la vente du calendrier produit par Joëlle Mercier est versé à «Adoptez un chat errant».

Outre les calendriers, d’autres types de projet sont possibles.  J’ai à l’esprit certains photographes qui travaillent en vue d’une exposition.  Voilà un projet très exigeant, non seulement au chapitre de la réalisation mais également de la réflexion.  Sur quoi portera l’exposition?  Quel thème aborder?  Quel portion de notre portfolio mettrons-nous de l’avant?  Nous manque-t-il des photos pour faire un tout cohérent?  Vous êtes à même de saisir la complexité de l’exercice.  Voilà pourquoi j’apprécie la démarche de Gaston Quirion qui expose à l’occasion et pour qui la photographie est un point de départ pour un traitement photo différent.  La démarche de Gaston est cohérente, structurée, ordonnée et continue.  Ainsi, il tend vers une maîtrise de plus en plus accrue de son art.  Son style lui appartient.

D’autres types de projet sont possibles et sont passablement répandus dans les médias sociaux.  Un projet de type «365» qui consiste à prendre une photo par jour à tous les jours de l’année est un véritable marathon créatif.  Votre style photo en sortira grandi, certain!  Les moins enthousiastes pourraient davantage se consacrer à un projet «52» visant à prendre une photo par semaine pendant 52 semaines.

Les projets n’ont pas besoin d’être grandioses.  Vous aimez un arbre que vous avez dans votre cour arrière?  Pourquoi ne pas prendre une photo de cet arbre x nombres de fois pendant l’année pour le présenter pendant toutes les saisons.  Voilà qui semble facile.  Toutefois, avant de plonger, posez-vous quelques questions.  Qu’est-ce que je vais tenter d’illustrer avec la photo de mon arbre?  Le changement?  Sa beauté?  La vie autour de lui?  Notre présence humaine dans son voisinage?  Les enfants qui grandissent en sa compagnie?  Quel angle dois-je privilégier?  Quel cadrage?  Quelle composition?  Quelle lentille privilégier?  En couleurs?  Noir et blanc?  Vais-je éventuellement produire un triptyque?  Voilà qu’un projet tout simple mérite qu’on se pose des questions pertinentes pour réussir des photos plus fortes et mieux réussies.  On ne veut pas que prendre des photos…on veut faire des photos.

J’espère que l’article de cette semaine vous a plu.  Si vous aimez ce dernier, n’hésitez pas à le partager avec vos amis, vos connaissances, sur Facebook, Google+ ou encore Twitter.  Merci à Denise Sarazin pour sa précieuse collaboration et je pense que son projet mérite l’attention qu’on pourrait lui porter. Merci à vous tous d’être au rendez-vous.  N’hésitez pas à apporter vos commentaires et enrichir mon propos.  Vos mots et points de vue sont importants. 

Publicités
Cet article, publié dans Sources d'inspiration, est tagué , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

9 commentaires pour Se lancer dans un projet pour faire de la belle photo

  1. Denise Sarazin dit :

    Merci à vous tous pour ces beaux mots et pour l’encouragement.

    Dominique-André, pour répondre à votre question, toutes les photos dans ce calendrier ont été prises soit avec des réflecteurs (j’en ai deux) et/ou mes flash Nikon (j’ai un SB-700 et un SB-900). J’ai un bon assortiment d’éclairage studio mais c’est bien trop encombrant quand on doit marcher 500 m ou plus pour se rendre à l’endroit où va faire le shooting. Je boudais mes flash Nikon jusqu’à ce printemps mais j’avoue qu’en ce moment, c’est eux que j’emmène le plus souvent avec moi. Justement, hier, je faisais un shooting pour une amie dans sa cuisine dans un espace bien trop étroit pour mes Elinchroms. Vous pouvez voir le résultat ici: http://www.flickr.com/photos/denise-sarazin/8177599164/in/photostream. Un beau résultat avec 2 flashs seulement. Sur le SB-900 j’ai utilisé un snoot Rogue pour adoucir et mieux cibler l’éclairage, et sur le 2e flash j’ai utilisé un petit softbox Lumiquest. Rien de compliqué! J’avais avec moi un grand softbox (voir ci-dessous) mais l’espace ne permettait pas son utilisation pour cette photo.

    Pour mes flash Nikons, je privilégie les accessoires suivants car ils sont légers et faciles à transporter:

    – Joe McNally Lastolife softbox http://www.adorama.com/LSSBEZ24.html.
    – Rogue 3-in-1 honeycomb grid http://www.adorama.com/EXRG.html
    – Lumiquest Softbox http://store.lumiquest.com/lumiquest-softbox/

    J’ai aussi un Cameron Beauty Dish (20 po.), mais j’avoue que je ne l’ai pas encore utilisé, surtout depuis l’achat du softbox Lastolie mentionné ci-dessus.

    J’ai aussi deux réflecteurs que j’utilise très souvent, tant à l’extérieur qu’en studio. Depuis juillet quand j’ai acheté le Tri-Grip de Joe McNally, c’est toujours le premier à sortir de son sac. (http://www.adorama.com/LSLR3996JM.html) Mon autre réflecteur est moins subtil (un peu aveuglant au grand soleil), mais il y a des moments où c’est celui-ci qui répond le mieux à mes besoins, surtout sous un ciel nuageux où l’on doit capter et refléter toute la luminosité possible (http://www.bhphotovideo.com/c/product/501357-REG/Westcott_301_5_in_1_Reflector_Disc.html).

    Bref, bien que je possède tout l’éclairage de studio imaginable, ou presque, quand je ne suis pas en studio, je travaille avec mes flash Nikon. Si je devais recommander une trousse de départ, ce serait 2 flash, le réflecteur trip-grip de Joe McNally, le petit softbox Lumiquest, et le plus grand softbox de Lastolite, pour les moments quand l’espace permet son utilisation. La lumière qui en résulte est exquise!

    Bon succès dans tous vos projets de photo!

    • Superbe réponse. Merci encore une fois pour ta générosité d’infos.

    • Dominique-André dit :

      Waouuuuh ! … Un très très grand merci Denise pour votre gentillesse, votre réactivité à mes questions et pour m’avoir répondu !!! … J’en suis sincèrement touché ! … Etant débutant, j’ai un Nikon D5100 depuis Juillet dernier, je suis très étonné par les résultats obtenus avec les flashs ! … Là, j’apprend beaucoup et cela m’ouvre pleins de nouveaux horizons … Merci beaucoup surtout pour les détails que vous donnez au sujet des éclairages parce que lorsqu’on débute, c’est vraiment un domaine ardu je trouve et là, je suis bien « éclairé » lolll … Merci, merci, merci !!! … Et bonne continuation ! En espérant encore avoir le plaisir de vous lire … Evidemment, je remercie également Mister Louis sans qui je n’aurais pu obtenir ces merveilleuses réponses ! …

  2. Dominique-André dit :

    Bonjour !

    Un très grand merci pour votre article Mr Louis ! … Très riche en enseignements, magnifiques photos de votre amie photographe, magnifique sujet et thème avec les yogis pour une non moins magnifique cause humanitaire … Je n’ai décidément que des compliments sincères pour vous Mr Louis. Bien dommage que vous soyez de l’autre côté de l’Océan Atlantique …

    Si je puis me permettre, je voudrais profiter de l’occasion vu que la dame en parle dans son interview, je veux dire au sujet des éclairages artificiels… Elle dit employer des flashs Nikon, je suppose des SB900 ou SB910 voir plus petits(?) … Je sais, vous êtes Canon mais … J’ai un conseil à vous demander. SI je souhaite me lancer dans un projet, n’ayant pas les moyens financiers d’investir dans des lampes pro lourdes et encombrantes, combien de flash type Nikon SB 700 – 800 ou SB900 faut il pour démarrer 1 – 2, d’avantages ? combien de réflecteurs (les réflecteurs étant sauf erreur de ma part, des cercles blancs ?) … Je sais que l’on peut faire beaucoup avec ces flashs et l’envie me tente de me lancer et Noël n’est plus très éloigné 🙂 … Merci pour votre réponse et bonne soirée !

  3. Sylvain Lavoie dit :

    Magnifiques photos de Denise, et une approche des plus inspirantes, avec en prime un engagement communautaire qui saura faire une différence. Bravo! En ce mois de novembre, ça donne le goût de se lancer un beau défi. Merci!

  4. Caroline Lavoie dit :

    J’ai adoré ton article Louis! J’aime beaucoup lire les expériences et les cheminements des autres, merci à Denise également pour ce partage!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s