Avoir une intention pour faire une bonne photo

L'invasion (n/b)Quelle est votre intention avant de prendre une photo?  Quelle est votre intention en prenant cette photo?  Qu’avez-vous à l’esprit?  Que tentez-vous d’exprimer?  Je reviens souvent sur ce questionnement, ce cheminement de votre pensée et de votre créativité.  Pour réussir vos photos, je pense qu’il est nécessaire de visualiser votre intention.  Comme à l’habitude, j’ai un ou deux conseils à vous proposer 😉
L'invasion (n/b)Bon début de semaine à vous tous.  Merci encore une fois d’être à notre rendez-vous hebdomadaire.  Si vous êtes un habitué ou que vous souhaitez le devenir, n’oubliez pas que vous pouvez vous inscrire sur notre liste de notification afin de recevoir un courriel pour vous prévenir de nos publications.  L’abonnement est possible via le menu de droite.

L’inspiration pour l’article d’aujourd’hui m’est venu lors d’une belle sortie sur le terrain en compagnie de mes étudiants.  Même si la température était un peu glaciale, l’entrain et la bonne humeur compensaient largement pour le bout des doigts gelés.  J’aime bien lors de ces sorties éveiller l’oeil photo de mes étudiants à de nouveaux sujets, à des détails, à des situations.  Plusieurs ont rapidement pris goût à s’agenouiller, se mettre au sol, se contorsionner pour trouver de nouveaux sujets, des angles différents, une perspective hors de l’ordinaire.  L’oeil était éveillé, le corps aussi.

Le secret pour une bonne photo?  (A)Voir une intention

Vous vous souvenez de Boileau et de sa célèbre citation? «Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement.»  Dans le domaine de la photo, on pourrait alors dire que ce que l’on voit dans notre esprit sera plus facile à capter.  Déjà préciser sa pensée fait en sorte que notre cadrage, notre perspective, notre profondeur de champ seront des éléments qu’on déterminera plus facilement.

J’en ai encore eu la preuve lors de notre sortie de groupe.  Peut-être était-ce parce que j’étais en groupe et je m’exprimais souvent à voix haute mais voilà que je me suis pris à mon jeu.  Alors que j’éveillais mes étudiants à certains sujets, me voilà que je leur pointais le sujet en question mais en y associant une réflexion, une pensée, une intention et surtout le titre potentiel de la photo.

Brrrrrrrrrrr!Par exemple, dans le cas de cette photo de cette maison, je leur ai dit combien l’endroit me rappelait le motel dans le célèbre film de Hitchcock, «Psycho».  Certains se souviendront de la scène du meurtre sous la douche.  Même avec les standards de l’époque, la scène nous donne encore des frissons. Lorsque je photographie cette maison, celle-ci m’apparaît comme un lieu sombre, ténébreux, voire hanté.  Déjà en captant la photo, je vois le traitement n/b que je lui réserve.  Mon cadrage renforce la présence des branches dénudées qui ajoutent à l’atmosphère.  Nul doute que le fait d’avoir déjà une image à l’esprit, d’avoir une intention voire même un titre pour ma photo m’aident dans la captation et par la suite, dans le traitement numérique de celle-ci.  Je m’égare moins en raison de mon intention.

L'étreinte (n/b)Dans le cas de celle-ci, je me souviens bien de la situation.  Avec mon groupe, j’ai pointé vers ces lianes qui ceinturent le tuyau de métal sur un fort jolie muret de pierres.  L’ensemble m’apparaissait intéressant, surtout si on isolait une section de celui-ci.  Mais à mes étudiants, en leur pointant le sujet, je leur signalais que ça m’apparaissait comme une étreinte, un étouffement, une suffocation.  Ce faisant, je venais de camper à voix haute mon intention, mon interprétation, ma pensée.  Je venais de trouver non seulement mon titre mais également ce que je souhaitais faire ressentir.  Le noir/blanc s’est donc imposé dans mon traitement numérique pour poursuivre dans mon évocation de suffocation et d’étreinte.  Quelqu’un d’autre peut évoquer une autre vision avec le même sujet mais dans mon cas, mon intention s’était imposée à voix haute.

L'invasion (n/b)Dans le cas de la photo ci-contre, j’avais la vision de cette plante qui dépassait de cette baignoire.  Ça m’apparaissait comme étant un élément un peu sinistre qui émerge de l’au-delà.  Le thème de l’invasion s’est imposé à mon esprit.  Je venais de trouver non seulement mon titre mais également mon intention non seulement pour la captation mais également pour le traitement numérique.  Il était alors trouver la perspective en plongée légère permettant d’illustrer l’émergence de cette plante par-dessus le rebord de cette baignoire abandonnée.

Au bout de tout cela, quelle est ma suggestion?  Avant de prendre une photo, prenez un instant pour préciser votre intention et votre vision.  Quel est le titre que vous donneriez à votre photo et ce avant même de déclencher.  Si vous parvenez à trouver un titre, vous verrez combien ce point de repère peut modifier, voire aider et préciser les différents éléments de votre photo – et surtout par la suite son traitement numérique.  Trouvez un titre à la situation puis ensuite prenez votre photo.  Faites-en un exercice lors d’une sortie.  Condamnez-vous à ne prendre des photos de situations ou de sujets qu’après avoir trouvé votre titre.  C’est exigeant mais terriblement créatif.  Au-delà d’un exercice de style, c’est une démarche d’articulation et de création de la pensée que vous réaliserez.  Vous en serez grand gagnant.

J’espère que l’article de cette semaine vous sera utile.  N’hésitez pas à commenter.  Vos mots sont précieux.  Merci pour le partage. N’hésitez pas à vous inscrire si vous souhaitez être informé de nos parutions.

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11 commentaires pour Avoir une intention pour faire une bonne photo

  1. Nancy Lussier dit :

    Très intéressant ! On dit que l’énergie suit la pensée. En donnant une intention avant même de capter le sujet, la photo se crée ! Je me ferai un devoir d’avoir cette approche lors de ma prochaine sortie photo. Merci beaucoup de nous inspirer et nous guider Louis !

  2. Laurent MONTEIL dit :

    Il est vrai que si l’on ne se pose pas cette question, notre démarche photographique se résume à « faire de la photo pour de la photo ». Les chanceux pourront réaliser une « belle » photo mais les autres, l’oeil fixé sur leur écran, ingurgiteront les millions de pixels saisis au hasard de leur sans pour autant en retenir une. La première règle en photographie n’est-elle pas de faire le tour de son sujet pour le dévoiler sous un autre angle, un angle qui définit notre intention.

    Merci louis pour ce rappel.

  3. Excellente réflexion. L’intention est en effet essentielle dans la plupart des cas, car il ne s’agit pas de prendre des photos au hasard comme un tireur fou ne sachant plus quoi viser !

    Une connaissance photographe m’a écrit un jour :

    « Les principes de composition ne sont donc rien d’autre que des moyens que le photographe a à sa disposition pour atteindre le but qu’il s’est fixé. Cela implique évidemment qu’il connaisse ces moyens d’une part, et qu’il ait un but. Ce qui est moins souvent le cas qu’on pourrait le croire.
    Ma question « pourquoi vous avez pris cette photo, et pourquoi voulez-vous la montrer ? » reçoit rarement une réponse. Beaucoup de photographes amateurs prennent leurs photos au hasard… » (Jacques Kevers)

    Au hasard, car l’intention est souvent absente.

  4. BISE David dit :

    Je viens de découvrir votre site par hasard sur Google. Je découvre un trésor de conseils et avec décontraction, ce qui ne gâche rien. Je m’abonne ! Merci à vous.

  5. Travailler un sujet à partir d’un titre qu’on a dans la tête est une démarche respectable. Avoir une vision globale d’un sujet avant de lui donner un titre en est une autre, plus aisée à mon sens. C’est une question de disponibilité personnelle ou de culture ; elle ne se discute pas. L’important, comme vous le dites, est de savoir, de voir ce que l’on veut faire. Merci Louis Lavoie, une fois de plus.

  6. Sylvain Lavoie dit :

    Lorsqu’interrogés sur le sujet, plusieurs auteurs et compositeurs d’oeuvres musicales avouent commencer par écrire le titre de la chanson, tout simplement, pour ensuite étoffer la suite de leur(s)pensée(s). Ça permet de vaincre la peur de la « page blanche », et ça définit le cadre et l’intention de leur création. Le parralèle me semble intéressant.

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