Faire de la belle photo avec votre style

Plus on fait de la photo, plus on découvre notre style. Dans le sens le plus large du terme. Non seulement on découvre le type de photos qui nous plaît à capter mais on trouve nos points de repère également au chapitre du traitement numérique.  Dans ce sens, votre boîtier vous propose des styles d’image, des préréglages numériques directement dans votre boîtier, qui peuvent convenir à certaines de vos photos.  Et surtout, il vous offre également la possibilité que vous puissiez configurer votre propre style de traitement numérique.  Ça vous plairait? 

Merci à nouveau d’être à ce rendez-vous.  Je vous propose aujourd’hui de m’accompagner dans mes réflexions et mes expérimentations qui vous aideront peut-être dans la quête de votre style.

Dans votre boîtier, voire votre appareil compact, quelque soit le manufacturier, celui-ci vous propose des styles d’images.  Chez Canon, on appelle le tout « Picture Styles », « Picture Control » chez Nikon.  Du côté de Fuji, on vous propose des styles qui s’apparentent au rendu de films. Et ainsi de suite.

Si je prends les styles d’images chez Canon en exemple, on retrouve généralement cinq à six styles d’images comme en fait foi la capture d’écran ci-contre.  Il faut savoir que les styles d’image ne s’appliquent que si vous privilégiez la capture de vos photos en JPEG.    Lorsqu’on applique un style d’image dans un fichier JPEG, il est difficile de le modifier lors du traitement numérique.  À titre d’exemple, une photo prise avec le style d’image monochrome ne pourra récupérer ses couleurs.

Si vous privilégiez le mode RAW, aucun style ne sera conservé.  C’est normal puisque avec le RAW, vous voulez le maximum d’informations et de matière alors que l’application d’un style d’images suscite des choix numériques.   Amateur de RAW ne soyez toutefois pas en peine.  Lightroom se fait un plaisir de vous rappeler les styles d’images que vous pouvez appliquer dans votre traitement numérique – comme si vous l’aviez dès la prise de photo.

Le style Standard convient pour l’usage courant, le style Landscape pour rehausser les couleurs, le style portrait pour adoucir les détails et ainsi de suite.  Toutefois – et c’est l’essentiel de mon propos aujourd’hui – vous pouvez définir vos propres styles.  Canon permet par exemple de définir trois styles personnalisés.

Pourquoi vouloir se doter d’un style personnalisé dans notre boîtier alors qu’on peut arriver au même résultat dans notre traitement numérique? Pour les fois où on devra travailler plus rapidement, directement en JPEG, nos photos comme le font régulièrement les photographes des quotidiens par exemple, se permettant souvent à peine un recadrage.

Expérimenter pour trouver son style

À chaque édition du World Press Photo mettant en valeur les meilleures réalisations de photojournalistes, je prends note non seulement du propos de ces photos mais également le rendu de quelques-unes.  La photo ci-dessous, tirée de l’édition 2017, a des caractéristiques que j’aime beaucoup: contraste élevé, beaucoup de netteté, les couleurs légèrement désaturées.

@World Press Photo

J’ai donc profité de la possibilité qui m’était offerte avec mon nouveau boîtier sans miroir Canon M5 pour me définir un style de rendu pour ma photo de rue.  À partir des réglages de base pour créer un style, j’ai désaturé de -2 dans le but…de rehausser les couleurs.  J’ai également augmenté la netteté (+1) et augmenter sévèrement le contraste (+2).  Et je suis parti à la chasse au centre-ville.

Tout d’abord, une première vérification avec un sujet de prédilection, classique mais ô combien coloré. Même si j’applique mon style avec ma légère désaturation, pas de soucis: les couleurs résistent plutôt bien! Comme c’est le cas dans la photo du World Press Photo, les couleurs les plus vives prennent leur essor lorsqu’on atténue le reste.  Comme on peut le voir sur le panneau indiquant la sortie, le rouge n’est pas le rouge vif habituel mais il garde sa présence.  La présence de noirs contrastés permet aux couleurs de se démarquer.

Puis la chance m’a souri. Moi qui étais ouvert à n’importe quel sujet pour la journée, voilà que je tombe pile avec la parade et la cérémonie commémorant le Jour du souvenir (Jour de l’armistice).  Me voilà avec des uniformes, des forces policières, des vétérans lors d’une des premières journées froides de l’hiver.   Je n’en demandais pas tant et je mets mon Canon M5 et sa superbe lentille 22mm (équivalent 35mm) à l’oeuvre avec mon style d’image personnalisé.

Je constate que mon style d’image avec ses forts contrastes se tire bien d’affaire et donne le rendu que je souhaitais lorsque aucune lumière directe n’est présente.

Le panneau électoral de notre récemment élue mairesse me donnait un élément de couleur que je me suis appliqué à inclure dans mon cadre.


Lorsque la lumière commence à se faire plus présente comme dans le cas des photos ci-dessus, le style perd un peu de sa présence mais sans trop.

Qui dit contraste important dit ombres.  Mon oeil dans l’objectif a été attiré par celles-ci au gré d’un rayon de lumière.  Il fallait attendre le bon moment.  Un regard qui se tourne vers moi. Clic!
En pleine lumière, le style est beaucoup moins visible. N’empêche qu’au-delà des effets stylistiques, il faut garder l’oeil aiguisé pour l’inattendu. La photo de rue, c’est aussi ça. 🙂
La photo ci-dessus représente encore davantage ce que je cherchais à obtenir. Dans ce cas-ci, je n’ai pu obtenir celle-ci uniquement avec mon style personnalisé. J’ai ajouté dans Lightroom un bon montant de clarté ce qui fait ressortir l’uniforme des soldats.  Je vais poursuivre mes essais avec ma personnalisation pour tenter de recréer cet effet de clarté.  N’hésitez pas à cliquer sur cette photo – tout comme les autres – pour voir celles-ci en grand format.

Incidemment, si vous souhaitez obtenir un rendu plus dramatique de votre photo sans nécessairement avoir recours à un style personnalisé, la compensation d’exposition devient alors votre meilleure alliée.  Utilisez celle-ci vers des valeurs négatives (-1/3, -2/3 voire même -1).  Ce faisant, votre durée d’exposition deviendra plus courte.  La lumière sera moins importante et par le fait même, la photo sera légèrement plus sombre…et vos couleurs plus prononcées.

Le plaisir du 35mm

Comme je l’indiquais précédemment, j’ai plaisir à me familiariser avec mon Canon M5.  Équipé avec la lentille M de 22mm (F2.0), il devient comparable à des équipements faits pour les photographes de rue.  On n’a qu’à penser par exemple au réputé Fuji X100T, lui aussi pourvu d’une lentille 23mm (F2.0), équivalente à 35mm.


Avec une lentille équivalente 35mm, je me sens dans un espace de cadrage confortable pour la photo de rue. Pas trop grand angle, pas trop resserré. Avec un 50mm, je me sens trop coincé mais avec 35mm, c’est parfait. Dès que je porte mon boîtier à mon oeil, il me semble que le cadrage tombe bien. J’ai parfois besoin de recadrer avec mes pieds quelque peu mais sans trop.  Avec une généreuse ouverture à F2.0 pour la Canon 22mm, je n’hésite pas à caler mon ouverture à F4 et à me lancer à l’aventure.

Quelques autres réflexions sur mon nouvel équipement pour conclure l’article d’aujourd’hui.  Le monde du sans-miroir est bien différent.  L’adaptation la plus importante pour moi est le viseur électronique.  Fort intéressant et instructif pour nous faire voir le résultat immédiat de ce que nous nous apprêtons à capter.  Énergivore au possible en même temps. En minimisant l’affichage au maximum sur l’écran arrière, je parviens à soutirer de ma pile deux heures à deux heures 30 minutes.  Par conséquent, je me déplace toujours avec trois piles chargés.  Moi qui avait réussi il y a quelques années à faire une expédition de trois semaines sur le plateau tibétain avec trois piles et mon Canon 7D sans avoir la possibilité de recharger, il m’apparaît impensable de tenter le même coup avec un appareil sans miroir. 😦

Je suis encore à m’améliorer quant à l’utilisation de l’écran tactile pour déterminer ma mise au point.  Moi qui d’habitude fait gambader les collimateurs, voilà que mon pouce – si je peux parvenir à le libérer rapidement – me permet d’indiquer là où la mise au point doit se faire.  Je tente aussi de me soustraire au piège du logiciel Canon qui détermine que son calcul de l’exposition doit se faire en fonction de l’endroit où nous faisons notre mise au point.  Grrrrr!  Si je fais la mise au point sur une personne qui porte un manteau noir, misère!  Voilà que le logiciel m’amène vers la surexposition.  Pas moyen de se libérer de cet automatisme logiciel à moins d’avoir recours à la mémorisation d’exposition pour figer le tout.  Ça fait beaucoup de manipulation.  Et une frustration occasionnelle.  Mais au final, jusqu’à maintenant, je ne regrette pas du tout d’avoir le sans-miroir dans mon sac comme complément.  Mais mon boîtier avec miroir reste encore mon outil de prédilection dans bien des circonstances.

J’espère que l’article d’aujourd’hui vous a plu.  N’hésitez pas à commenter.  Vos mots sont importants.  Merci pour votre présence.  Elle est essentielle.  

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