Capter la lumière de nuit

La photo, c’est la recherche de la lumière.  De la bonne lumière.  Celle qui rend justice à notre sujet, celle qui les paysages spectaculaires, nos portraits lumineux, les ombres profondes.  Faire de la photo, c’est être à l’affût de la lumière. Le défi est plus important lorsqu’on choisit de faire de la photo à la nuit tombée.  La lumière naturelle fait place à une lumière plus diffuse mais souvent théâtrale.  Le rideau se lève, les rues s’illuminent, des personnages avancent sur scène.  Ça vous dit d’assister au spectacle? Que dis-je, de le créer?

Bon début de semaine à vous tous.  Je sais, je sais, plusieurs sont très occupés.  La course folle des préparatifs vous accapare.  Et moi qui vous ajoute un article à lire, ouf!  J’espère que vous ne m’en voudrez pas trop 😉  En fait, c’est peut-être deux articles que je vous invite à lire puisque j’ai consacré les dernières semaines à des préparatifs pour un projet de coopération volontaire en République démocratique du congo.  Le photographe | formateur | communicateur humanitaire sera en affectation pendant quelques mois.  Je compte bien garder le cap avec ce blogue-ci même si le rythme risque d’être moins soutenu.  Toutefois, pour ceux qui voudront suivre de plus près l’aventure, je vous invite à prendre connaissance d’un nouveau blogue plus personnel.  Si le coeur vous en chante, merci d’appuyer mon projet de coopération volontaire de même que CUSO International.

La lumière de nuit et Roger Schall

@Roger Schall

Je dois dire que j’ai eu un coup de coeur récemment pour Roger Schall en parcourant l’article paru à son sujet dans Réponses Photo.  Photographe français (1904-1995), Roger Schall a réussi à capter la nuit parisienne de très belle façon.  J’adore la lumière dans ses photos, les silhouettes, l’atmosphère.  J’aime beaucoup ce léger flou chez les personnages et ce rendu des optiques de Schall, bien loin du piqué de l’électronique d’aujourd’hui.

@Roger Schall

Vous le constatez et vous le savez, la lumière de nuit est moins généreuse que celle du jour. Certains éléments sont illuminés, d’autres pas.  Une mise en scène se dégage au gré d’éléments qui reçoivent des jets de lumière et d’autres qui restent dans la pénombre. Faire de la photo urbaine de nuit devient donc un exercice de repérage d’abord et avant tout. Repérage d’une lumière bien entendu mais également repérage d’un lieu et d’un décor expressif.

@Louis Lavoie.   Cliquez pour voir en grand format

J’ai choisi récemment d’arpenter les rues montréalaises à la recherche de cette lumière de nuit avec mon fidèle G15.  Pas besoin de se coucher à des heures indues, la nuit tombe tellement rapidement à la mi-décembre qu’on peut facilement trouver plusieurs situations dès la fin de d’après-midi.  La circulation automobile peut parfois nous être favorable, parfois non.  Mais, il suffit souvent d’attendre au début de la soirée pour que la circulation se fasse moins présente et nous laisse le chambre libre.

Pour cette photo ci-haut, j’ai repéré cette devanture.  Son reflet dans une vitrine m’est apparu plus intéressant que la devanture elle-même, d’autant plus que je travaille sur une série de photos basées sur le reflet et la fausse double exposition.  J’ai attendu au moment propice pour qu’aucune voiture ne vienne perturber la scène et que deux passantes soient placées au bon endroit. J’affectionne toujours une présence humaine dans mes photos de rue et parfois paysage. Bien entendu, pour minimiser le flou des personnages, il fallait hausser les ISO pour tenter d’atteindre une vitesse respectable: ISO 800, F2.8, 1/13 sec. Le flouté est autant dû au reflet qu’à la vitesse lente et peut-être un léger flou de bougé de ma part.  Mais qu’importe, j’aime bien l’atmosphère trouble qui est produite.

@Louis Lavoie. Cliquez pour voir en grand format

Voici une photo avec un rendu plus contemporain, où l’électronique prime. L’éclairage de ce lampadaire créé cette belle scène dans une ruelle.  Plusieurs défis étaient toutefois présents.  Tout d’abord, vive un compact plutôt léger avec une bonne capacité ISO pour me permettre de capter cette scène à main levée.  ISO: 800, F2.2, 1/6 sec. 1/6 sec., ce n’est pas l’idéal mais c’est jouable. J’ai toujours un compact à portée de main mais un trépied? Pas toujours. Certainement, ça aurait été idéal.  Ensuite, vive le format RAW qui m’a permis d’ajuster la balance de blancs dans mon traitement numérique.  Les appareils Canon ont tendance à beaucoup trop réchauffer la lumière, ce qui rend le tout trop jaunâtre par rapport à ce que mon oeil percevait.

@ Louis Lavoie. Cliquez pour voir en grand format

Dans le cas de la photo ci-contre, le défi est d’identifier un lieu et une lumière propices.  J’aimais bien ce lampadaire isolé et sa lumière.  Le mur à l’arrière avec ses graffitis complétait la scène.  J’ai attendu qu’aucune voiture ne vienne s’immiscer dans le décor tout en ayant un élément humain, dans ce cas-ci le passage d’un vélo. ISO:800, F2.2, 1/15 sec.  Avec une vitesse aussi lente, pas possible de figer le cycliste.  Ce n’était d’ailleurs pas mon souhait. J’aime bien ce rendu de silhouette fuyante qui convient bien à l’atmosphère.  Encore une fois, il m’a fallu recalibrer la balance des blancs grâce à la pipette dans Lightroom et un peu d’ajustement.

@ Louis Lavoie. Cliquez pour visionner en grand format.

Un véhicule comme celui-ci dans un tel décor, ça ne s’invente pas.  Surtout avec cette lumière qui joue au clair-obscur.

@ Louis Lavoie. Cliquez pour visionner en grand format.

La nuit a ses avantages et nous permet de mieux passer incognito.  Les intérieurs sont illuminés et se dégagent mieux qu’en plein jour.  De belles opportunités peuvent se présenter.

Faire de la photo de nuit nous amène dans un autre monde.  On peut être tenter par exemple d’exploiter beaucoup le noir et blanc, soit à la capture avec le mode approprié dans notre boîtier ou encore dans notre chambre noire numérique.  On peut privilégier la vitesse lente, quitte à obtenir un léger flou.  On peut s’aventurer dans les rues après ou pendant une légère pluie ce qui donnera un reflet merveilleux sur la chaussée.  Roger Schall semblait affectionner beaucoup faire de la photo avec la météo comme alliée, soit pour la pluie ou encore un brouillard plus ou moins prononcé.  Pourquoi ne pas faire de même?  L’hiver s’y prête merveilleusement.  On s’habille plus chaudement que nécessaire, on s’arme d’imagination, d’observation et de patience.  Et on part à la chasse de la belle lumière de nuit.

Permettez-moi au final de vous souhaiter un très agréable temps des Fêtes, de très beaux moments auprès de vos proches. J’espère que vous en profiterez et je vous encourage à réserver quelques périodes de temps pour sortir faire de la photo.  Le sujet d’aujourd’hui va peut-être vous inciter à explorer un nouveau monde. C’est ce que je vous souhaite. N’hésitez pas à commenter, vos mots sont importants.

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4 commentaires pour Capter la lumière de nuit

  1. l'angevine dit :

    oh effectivement,je me sens bien ici car on apprend pas mal sur le réglage et je vais de ce pas vous mettre dans mes favoris

  2. VBonnefond dit :

    Super article, à nouveau, Louis. Très inspiré !
    Et la « photo avec un rendu plus contemporain, où l’électronique prime »… Une merveille !
    Très belle année à toi…

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