Exposer pour le ciel

Pas de deux (Explore Jul 31, 2011 #269)Vous êtes chanceux.  Vous avez bien choisi votre moment.  La situation est très photogénique et le ciel est dramatique à souhait.  Les nuages sont bien présents et donnent une belle personnalité à la situation.  Comment bien faire ressortir le tout?  Comment capter les détails dans le ciel?  Facile.  Il faut exposer pour le ciel.  Vous l’entendez des photographes ou le lisez souvent dans les magazines spécialisés.  Mais comment faire vraiment?  Explications et démonstration.

Bon début de semaine à vous tous et merci d’être au rendez-vous encore une fois.  Comme certains parmi vous, j’ai eu l’occasion d’utiliser certains nouveaux produits dont j’ai fait l’acquisition au cours des dernières semaines.  Je n’ai pas été déçu de mes nouveaux gants de photographe de marque Freehands.  Plutôt essentiels pour la photo d’hiver et confortables jusqu’à -10C.  Et je trouve de plus en plus mes points de repère dans le domaine du plein capteur.  Je dois me départir par contre de deux superbes lentilles (Canon) conçues pour petit capteur, soit ma lentille macro 60mm et mon grand angle 10-22mm (snif!).  Si vous êtes intéressé, vous pouvez m’écrire.

Pas de deux (Explore Jul 31, 2011 #269)Ceux et celles qui fréquentent ce blogue depuis quelques temps savent combien j’affectionne la photo paysage.  J’ai pu par le passé vous faire part de plusieurs conseils pour réussir vos photos paysage.  Parmi ceux-ci, s’il y en a un qui a de l’importance, est bien celui de profiter des conditions météo, particulièrement au sortir d’une tempête ou à l’approche de celle-ci.  J’aime ces moments où les nuages sont bien présents et donnent beaucoup de personnalité à notre paysage.  Le moment est alors bien choisi pour capter la situation.  Voici quelques exemples pratiques.

Tempête sur la villeJe déambulais dans les rues de Montréal pour faire de la photo de rue avec ma caméra compact G11 lorsque j’ai remarqué la formation nuageuse au-dessus des édifices.  Celle-ci était spectaculaire, essentiellement composée de ce que j’appelle «des éclaireurs» c’est-à-dire des cirrus qui sont souvent annonciateurs de mauvais temps.  J’aimais beaucoup de la façon dont ces nuages semblaient se dégager du bâtiment.  Je voulais capter la situation mais voulait m’assurer de conserver beaucoup de détails dans mes nuages.  Comment devais-je m’y prendre?  Il me fallait donc «exposer pour le ciel».  Qu’est-ce à dire?  Il me fallait mesurer correctement l’exposition requise par mon appareil photo afin de bien capter ces détails dans les nuages.

Déjà vous comprenez qu’un choix s’impose.  Notre appareil photo peut faire beaucoup de choses mais, comme c’est le cas la plupart du temps, c’est vous qui devez opérer des choix.  Vos choix.  Vous ne devez pas laisser l’appareil photo faire ce qu’il veut mais bien ce que vous voulez. Dans ce cas-ci, je voulais qu’il détermine le temps d’exposition requis pour que le ciel ressorte.  Voilà qui était ma volonté.

Hirsute C’est dans ces moments-là qu’on manipule notre appareil afin d’«exposer pour le ciel».  Pour ce faire, je modifie ma mesure d’exposition pour passer du mode «évaluatif» à la «prépondérance centrale».  Par la suite, je cadre spécifiquement le ciel afin m’assurer que celui-ci constitue mon sujet principal.  Je note la vitesse que mon appareil me suggère en fonction de l’ouverture que je compte préconiser pour prendre ma photo.  Par exemple, dans le cas ci-contre, pour une ouverture de F8, mon appareil me suggérait une vitesse de 1/200 seconde.  On peut alors mémoriser cette information dans notre appareil (avec la touche * dans le cas des boîtiers Canon) ou encore la noter mentalement et ajuster la vitesse manuellement sur notre boîtier.  On refait alors notre cadrage pour intégrer notre véritable sujet et on déclenche.

Exposer en fonction de notre ciel suscite généralement des vitesses plus élevées que si nous faisions une évaluation de notre exposition en mode «évaluatif» (ou multizones).  La conséquence est souvent que notre sujet principal (outre le ciel) va être sous-exposé.  C’est normal et probable.  Il est toutefois plus facile en traitement numérique par la suite de faire ressortir votre sujet et de l’éclaircir légèrement que de tenter de récupérer les détails perdus dans votre ciel.

VIl existe également une autre façon de faire ressortir votre ciel lorsque vous devez capter une photo rapidement – comme par exemple en raison de cette volée d’oiseaux dans le ciel que je voulais inclure dans mon cadrage.  Pas le temps de modifier votre mesure d’exposition?  Ou de cadrer le ciel pour mesurer l’exposition correcte?  Pensez alors à bracketer.  Vous venez de comprendre qu’une exposition correcte pour le ciel repose sur une légère sous-exposition de votre photo.  Vous pouvez alors miser sur un bracketage de -2/3 ou peut-être même -1 (voire plus) pour obtenir les détails.  Un rapide coup d’oeil à votre écran arrière vous permettra de faire les ajustements.  Toutefois dans le cas d’une situation fugace comme celle que je décris, on cadre et «brackete» rapidement et on vit avec les résultats 😉  La volée d’oiseaux est subtile mais sa forme (V) fait écho aux formes similaires du bâtiment.  Le ciel avait beaucoup de personnalité – personnalité que j’ai accentuée (comme à mon habitude) en assombrissant certaines régions.

"Au-delà cette porte, votre ticket n'est plus valide." - Storm brewingLa photo infrarouge n’a pas son pareil pour faire ressortir les formations nuageuses.  Je suis toujours impressionné par la sensibilité de l’infrarouge pour aller chercher une foule de détails dans les nuages qu’on perçoit à peine.  Il n’est souvent pas nécessaire de faire une exposition spécifique pour le ciel en infrarouge tellement les résultats peuvent être spectaculaires juste avec une mesure «évaluative».  Ça été le cas autant pour la photo ci-contre que pour la première dans le haut de l’article.  Si vous êtes intéressé à vous lancer dans la photographie infrarouge de paysage à un coût modeste, j’ai un appareil compact Canon G6 modifié pour ce type de photo à vendre.  Les intéressés peuvent communiquer avec moi.

Exposer pour le ciel signifie prendre une mesure d’exposition spécifique pour le ciel avec notre appareil photo afin de capter tous les détails.  Si le temps vous le permet, modifier votre mesure d’exposition, cadrer spécifiquement votre ciel et noter les valeurs d’exposition suggérées par votre appareil.  Recadrez ensuite pour votre sujet mais conservez ces valeurs suggérées.  Les résultats seront spectaculaires – légèrement sous-exposés pour votre sujet principal mais vous pourrez retoucher par la suite.

Merci pour votre présence et vos commentaires.  Vos mots sont importants. 

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9 commentaires pour Exposer pour le ciel

  1. Encore un super article ; merci Louis. mais je crois que, comme pour toutes les photos une pratique suivie et régulière peut permettre de réussir de belles photos, en même temps que de bien connaître les réactions de son appareil.

    Pour ce qui concerne la sous-exposition fatale du sujet après la mesure du ciel, je me demande si la fonction D-lightning du boitier ne pourrait pas être utile pour éviter les retouches partielles en post-traitement… Je vais tester, on verra bien.

    Merci encore pour vos précieux conseils et à très bientôt.

  2. Marion B. dit :

    Merci pour ces conseils, je testerai le traitement infrarouge.

  3. Merci pour cet article Louis. Très intéressant d’en apprendre plus sur l’exposition du ciel. Et tes photos pour appuyer sont vraiment fabuleuses.
    Bonne journée

  4. Encore un excellent article, très détaillé et parfaitement clair. Louis : super formateur !

  5. Francis G. dit :

    Bon article comme à l’habitude, très intéressant.

    J’ai cependant quelques questions. Concernant l’IR, est-ce qu’un filtre donne d’aussi bons résultats qu’un appareil converti ?

    Je ne connaissais pas les gants. Ils sont comiques. En valent-ils vraiment la peine en comparaison d’une paire de gants minces bien isolés ?

    • Salut copain Francis. De bonnes questions en ce lundi matin. Oui le filtre va donner d’aussi bons résultats qu’un appareil converti. C’est la manipulation qui est – à mon avis – plus facile avec un appareil converti qu’un filtre. Avec l’appareil, je cadre, fais les ajustements et prend la photo. Dans le cas du filtre, ce dernier étant passablement opaque, tu cadres, fais tes ajustements, installe ton filtre par la suite et espère ne rien déplacer dans le processus. Mais avec ton fichier par la suite, dans un cas comme dans l’autre, tu as les informations numériques nécessaires pour faire le traitement que tu veux. Pour les gants, je les trouve intéressants. Ils étaient en solde à 20$ chez B&H au moment où j’ai passé ma commande, donc je n’ai pas hésité. Je les trouve intéressants du fait qu’on peut enlever le matériel sur notre index pour mieux manipuler l’appareil. Ils sont chauds mais disons que la semaine dernière par grand froid (-15C à -25C), ils ne pouvaient faire le boulot seuls. Même mes gants MEC minces n’auraient pas fait le boulot non plus. Je viens de voir ces gants Freehand chez Henry’s (chaîne ontarienne) à 40$ approx. Bref Francis, si jamais tu passes une commande chez B&H pour autre chose et que les gants sont en spécial ou à un prix qui te convient, je te les recommande pour les températures hivernales tempérées – mais pas extrêmes.

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