Faire de la belle photo avec un ciel étoilé

Lorsque la lumière du jour diminue, on profite de l’heure dorée.  Puis vient l’heure bleue, magique et magnifique pour mettre en valeur des paysages urbains illuminés ou encore des formes.  La nuit venue, on peut alors ranger notre appareil photo.  Exact?  Que non!  L’opportunité s’offre alors pour faire de la photo de nuit, cette photo de nuit qui met en vedette la voûte céleste, la voie lactée et à l’occasion des aurores boréales.  Les nuits plus froides et hivernales sont propices pour se tourner vers de la photo de nuit, d’autant plus que la nuit arrive plus rapidement à cette période-ci de l’année.  Comment profiter des opportunités? Quelles conditions sont les meilleures? A-t-on besoin d’un équipement particulier?  De belles photos de nuit sont probablement à votre portée.

Bonjour à vous.  Merci d’être à ce rendez-vous.  Du côté du Québec, l’hiver commence à se pointer le bout du nez.  Le froid se met de la pratique, la neige fait son apparition ça et là. Certains rangent alors leur appareil phot pour les mois.  Quel dommage.  Plusieurs photographes paysagistes vous diront que les mois d’hiver sont les plus intéressants.  Pour vous inspirer et vous inciter à sortir avec votre appareil, nous vous invitons à lire quelques articles que nous avons écrit à ce sujet au cours des dernières années.

Un ciel à 10 000 étoiles

Faire de la belle photo avec la voûte céleste n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît à première vue.  Même si j’ai fait de la photo de nuit à plusieurs occasions, l’entreprise comporte son lot de défis encore aujourd’hui. Travailler dans l’obscurité n’est pas toujours facile – d’où l’importance de bien connaître son appareil photo, son équipement et d’avoir les bons accessoires avec nous.  Réussir sa composition est un défi de taille tout comme celui de réussir à faire la mise au point.  Voilà pourquoi il n’est pas vain d’avoir certaines connaissances pour envisager le projet tout en ayant des outils photos en conséquence pour tirer votre épingle du jeu.  Mais le jeu en vaut la chandelle, surtout si comme moi vous affectionnez non pas les hébergements à 3, 4 ou 5 étoiles mais plutôt à 10 000 étoiles. 🙂 De belles photo sont alors envisageables à quelques pas seulement de votre «chambre d’hôtel». 😉

Fuir la pollution du ciel nocturne

© Louis Lavoie photo. N'hésitez pas à commenter ou à vous procurer cette photo si elle vous plaît. You like this photo? Don't hesitate to comment or order.Le premier défi – et non le moindre pour la plupart parmi nous – est de pouvoir faire de la photo de nuit à un emplacement qui ne sera pas affecté par la pollution du ciel nocturne qu’on appelle également la pollution lumineuse. Si nous habitons dans un milieu urbain le moindrement d’importance, cette pollution lumineuse nous empêche d’avoir une vue dégagée sur la voûte céleste.  Ça et là des étoiles apparaîtront mais en nombre trop modeste pour constituer un arrière-plan pertinent et intéressant.  Cette pollution du ciel nocturne est très significative à certains endroits.  À preuve, voici une photo que j’ai réalisée en mode lightpainting alors que j’étais dans le désert du Mojave en Californie, approximativement à 120 kilomètres de Las Vegas dont vous pouvez percevoir le dôme lumineux malgré la distance importante.   Au centre-ville de Montréal, nous sommes incapables de voir ou reconnaître les grandes constellations. À l’instar de Las Vegas, la pollution lumineuse de Montréal a un impact jusqu’à 150 kilomètres à la ronde.

Identifier votre sujet

La voie lactée ou encore une aurore boréale constitue en soi un sujet qui vaut la peine d’être photographié.  Peu de gens prennent le temps de sortir la nuit pour contempler ces paysages nocturnes.  Toutefois, comme en photo paysage, une voûte céleste a besoin d’un élément au premier plan pour la mettre en valeur, créer une perspective.  De belles formes ou un objet intéressant sont nécessaires.  Prenez le temps durant la journée pour faire votre repérage, envisagez votre cadrage et surtout vous assurer que l’endroit que vous entendez privilégier pour déposer votre trépied est sécuritaire.  Lorsque tout baigne dans l’obscurité, le moment est moins opportun pour faire de l’exploration.

La lune n’est pas votre alliée

Une lune prononcée n’est pas la plus opportune pour la photo de nuit.  Lorsqu’elle commence à être pleine, elle produit une lumière trop prononcée pour qu’on puisse bien discerner la voûte céleste.  Dans la photo ci-contre, prise au moment d’une pleine lune, j’ai été chanceux de pouvoir m’en sortir avec un résultat pas trop mal puisque j’étais dans un village très reculé dans la chaîne himalayenne.  La pleine lune – voilée à l’occasion par des nuages – a produit un éclairage diffus sur ce stupa.   Dans mon traitement en chambre noire numérique, j’ai dû obscurcir la voûte céleste et faire ressortir le blanc des étoiles.  Pour la photo de nuit, on pourra privilégier certains moments du cycle lunaire soit la nouvelle lune, son premier croissant ou encore la lune dans son cycle gibbeuse croissante.  Si la lune est le sujet d’importance dans votre photo, la pleine lune sera alors privilégiée.  Pour anticiper et connaître le cycle lunaire, l’application The Photographer’s Ephemeris pour appareil mobile est réputée.

Vive les ISO élevés et un 24mm lumineux

On n’y échappe pas.  La photo de nuit comporte des défis exigeants pour notre équipement.  Celui-ci aime habituellement une lumière abondante.  Notre boîtier souhaite aussi profiter des contrastes dans notre cadrage pour faire sa mise au point.  Or, rien de tout ça, ou très peu, sont présents au milieu de la nuit.  Voilà pourquoi on doit avoir recours à toutes les avancées de notre appareil, en particulier sa plage de sensibilité. Si notre appareil nous permet d’exploiter le registre de 1 600 à 3 200 ISO voire davantage sans avoir trop de bruit numérique, il faut en profiter.  Plus notre plage de sensibilité est élevé, plus notre capteur pourra saisir des détails dans la voûte céleste.  Par la suite, il faut que la durée de notre exposition soit inférieure à 20 – 25 secondes.  Pourquoi? Pour éviter de petites traces de traînée des étoiles en raison de la rotation de la terre pendant la durée de votre exposition. Si vous avez de petites traînées dans les étoiles, qu’importe la netteté que vous appliquerez dans votre traitement, votre voûte céleste aura l’air floue. L’exposition doit être supérieure à 10 secondes pour permettre une belle entrée de lumière mais inférieure à 20 – 25 secondes. Et vive un objectif grand angle lumineux tel le Canon 24mm F2.8 comme complément.  Rien de tel qu’un grand angle pour capter l’immensité de la voûte céleste tout en incluant un élément au sol et au 1er plan.  Vous devrez ouvrir votre objectif au maximum pour faire entrer au maximum la lumière, aussi faible soit elle et ainsi respecter le temps d’exposition.  Avant de me procurer mon 24-70mm F2.8 ou encore mon 24mm F2.8, j’ai obtenu des résultats très quelconque et peu probants avec mon objectif 24-105mm F4.  Le Samyang (Rokinon, Bower) 24mm F1.4 avec son ouverture et sa mise au point manuelle serait également un objectif tout à fait indiqué.

Et quoi d’autre?

Quelques autres accessoires sont essentiels.  Un trépied à l’évidence, solide et stable et surtout que vous avez l’habitude de manipuler.  Je le répète: en pleine nuit et dans le noir, le moment n’est pas le plus opportun pour apprendre et apprivoiser.  Ensuite, je vous suggère une lampe frontale qui vous sera utile de plusieurs façons.  Vous aurez par exemple le loisir de manipuler votre appareil, faire votre cadrage et réglages avec vos deux mains.  Cette lampe frontale pourra aussi vous servir à illuminer votre élément au premier plan si vous voulez que votre appareil photo puisse faire sa mise en point sur celui-ci.

Un autre élément que j’ai maintenant dans mon sac photo est une lampe de poche Pro Hunter RGB (red, green, blue) de Browning.  Mon ami René m’a fait découvrir celle-ci cet été lors de notre safari photo à Anticosti.  Cette lampe de poche très compacte et ses couleurs permettent de réaliser du lightpainting sympathique.

Cadrage et mise au point

Rien de simple de faire un cadrage avec notre viseur optique lorsqu’on est dans la noirceur. On ne peut voir certains détails, surtout au sol.  C’est le moment où notre visée arrière peut nous aider alors qu’on balaiera notre avant-plan avec notre lampe frontale ou de poche et qu’on vérifiera alors notre composition. On pourra aussi – comme dans la photo ci-contre, diriger notre lampe de poche vers l’élément au premier plan – le stupa – pour faire la mise au point.  Une fois celle-ci réalisée, on basculera la mise au point en mode manuel pour éviter que notre objectif patine à la recherche d’un point de repère.  Deux autres stratégies peuvent également être utilisées. Pour une, le mode hyperfocal permet d’avoir certains éléments nets dans la photo. L’autre stratégie que je compte utiliser une prochaine consiste à faire la mise au point sur les étoiles avec l’aide de la visée arrière et sa possibilité de zoomer 5x – 10x fois sur un point dans notre cadrage et faire la mise au point sur ce dernier.  Trois avenues donc pour faire votre mise au point.

Et après?  Après, ce sera le plaisir de s’émerveiller devant la sensibilité de notre capteur qui a réussi à capter des détails.  On s’amusera avec le tout dans notre chambre noire numérique en obscurcissant certaines portions de la voûte céleste et en faisant ressortir le blanc des étoiles.  Certaines teintes magenta seront parfois présentes.  Et le tout prendra forme, surtout si notre composition est forte et soignée.  Chargeons bien nos piles, gardons les piles additionnelles à l’intérieur de nos vêtements pour les garder au chaud et profitons des nuits hivernales avec les ciels dégagés pour réaliser de belles photos.

J’espère que cet article vous sera utile.  N’hésitez pas à commenter et merci pour votre fidèle présence.  

Les nouveautés & aubaines

Des rabais fort intéressants tout comme des nouveautés. En commandant via nos hyperliens, vous soutenez ce blogue. Merci de votre appui.

Publicités
Cet article, publié dans Techniques photo, est tagué , , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

2 commentaires pour Faire de la belle photo avec un ciel étoilé

  1. Très bonne idée Louis! C’est vrai que l’hiver ont peut être bien récompensé à sortir notre artillerie lourde (vêtements chauds) et faire de la belle photo. Merci pour ces bons trucs! 🙂

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s