Le Canon G5X: mon nouveau compagnon de route

On s’est beaucoup aimé mais c’était inévitable.  Mon fidèle Canon G15 est resté à Kinshasa, entre de bonnes mains qui lui feront vivre encore plusieurs bons moments et à qui il rendra encore de fiers services.  Mais le temps était venu de passer à un autre, un autre compact qui m’accompagnerait un peu partout lorsque je ne ferais pas appel à mon équipement plus lourd et pro.   Après avoir connu les G6, G11, G15, allais-je rester fidèle aux compacts de Canon?  Et si oui, quelles seraient mes premières impressions?  Et déceptions? Témoignage sur les premières semaines avec mon nouveau compagnon de route.

Bonjour à vous tous qui me lirez au milieu peut-être de vos vacances estivales ou au retour de celles-ci.  Merci d’être à un rendez-vous plutôt inusité au milieu du mois de juillet.  Il est vrai que je suis souvent parti pour une destination ou une autre à cette période-ci de l’année.  Mais compte-tenu de l’aventure congolaise l’hiver dernier, j’ai choisi de vivre l’été dans des sacs de voyage moins remplis, plus légers et pour des excursions plus courtes.

(Avant d’aller plus loin, il m’importe de vous faire part que je ne suis nullement affilié d’une façon quelconque à Canon, que je ne retire aucun bénéfice du présent article et que j’ai défrayé pleinement et entièrement le coût d’acquisition du compact Canon G5X dont il est question dans le présent article.  Les opinions et appréciations exprimées sont les miennes.) 

Voilà plusieurs semaines que je m’ennuyais de mon compact Canon G15.  Je vous avais d’ailleurs déjà confessé la belle complicité qui m’unissait avec la gamme des compacts G de Canon.   Même si je ne quittais pas ma résidence avec mon équipement pro, je prenais soin d’inclure tout de même mon appareil compact dans un sac de travail ou de virée urbaine. Il devenait alors mon appareil pour la photo de rue que j’affectionne beaucoup. Même mon ancien Canon G11 – à l’instar d’un Canon G6 – a été modifié au profit de la photo infrarouge ce qui permet de capter des photos paysage spectaculaires et qui peut donner aussi à l’occasion de la photo de rue très différente.  Si jamais vous songez à vous départir d’un appareil compact qui peut encore vous rendre de fiers services, voilà peut-être une avenue à considérer.

Comme plusieurs, j’ai expérimenté avec la plateforme d’un appareil boîtier sans-miroir (mirrorless) avec lentilles interchangeables.  Certaines caractéristiques de cette plateforme tiennent leurs promesses: le poids de l’équipement, la qualité photo, etc.  Toutefois, dans le cas de la plateforme que j’ai expérimentée, la rapidité de la mise-au-point, la réactivité, la consommation d’alimentation sont autant d’éléments qui ne m’apparaissent pas suffisamment au rendez-vous – pour le moment.

g5x

Comme vous le faites, je me suis donc renseigné sur les différentes hypothèses de compact en parcourant plusieurs sites d’analyse d’équipement.  Mon préféré reste le classique Digital Photography Review qui s’applique souvent à faire des analyses comparatives d’appareils dans une même catégorie.  Disons-le d’entrée de jeu, le Canon G5x n’est pas celui qui obtient les meilleurs résultats dans sa catégorie compact pro – le site et plusieurs autres sources lui préférant souvent le Sony RX100 mark IV ou mark III.  Toutefois, la prise en main pour moi a été un élément déterminant.  Le compact de Sony, dans son design très lisse et sans poignée, était inconfortable pour moi.  La logique des menus rébarbative. En contrepartie, il a le mérite de pouvoir se glisser dans une poche alors que le G5X est plus encombrant.

J’ai donc fait le choix rassurant et conservateur de garder le cap sur la série G de Canon.  J’ai eu l’occasion il y a quelques jours d’aller faire quelques photos pour trouver mes marques et faire les ajustements.  Quel plaisir de retrouver les points de repère qu’on connaît. Premier constat, Canon n’a pas lésiné sur les fonctions. On retrouve un nombre important de possibilités technologiques qu’on peut paramétrer à sa guise et assigner aux nombreux boutons présents sur l’appareil.  J’adore.  Ma fonction préférée est certainement de pouvoir cadrer (24mm, 28mm, 35mm, 50mm, 85mm, 100mm) à l’aide non pas du levier pour le zoom électronique mais plutôt avec la molette avant.  Ce sont des cadrages prédéterminés classiques qui me permette d’être moins approximatif et plus rapide. Le fait que la bague de la lentille nous permette de faire le choix de notre ouverture ou encore de notre vitesse lorsqu’on est dans les modes manuels est un plaisir.

Parlant de plaisir, quelle joie de trouver un viseur de qualité sur ce G5X comparativement à ces prédécesseurs.  Enfin un viseur avec une couverture à 100% comparativement au tristounet 60% approximatif du viseur optique de ses ancêtres.  Pour moi, un viseur est essentiel puisque je travaille avec ce dernier pratiquement tout le temps.  Essentiel pour réaliser correctement des photos comme celle-ci où je m’appliquais à détacher chacun des poteaux de projecteur au stade de tennis. Le viseur électronique est très réactif et ne connaît aucune latence. Toutefois, j’ai peine à m’habituer à la consommation d’énergie requise pour ces viseurs électroniques.  Puisqu’il m’arrive de bourlinguer dans des coins de pays où l’accès à l’électricité est au mieux aléatoire et qu’il faut faire preuve de stratégie à l’égard de notre consommation, j’en suis à m’équiper à nouveau en panneaux solaires.

J’ai choisi de profiter de la tenue du tournoi de tennis professionnel féminin à Montréal pour mettre mon compact à l’épreuve dans un contexte de photos sportives et d’action. Disons-le tout de go, ce n’est pas le contexte idéal pour cet appareil sur le plan des rafales d’images: le mieux qu’il nous offre est un tristounet 1 image/seconde en six vues en mode RAW ou 5,8 images/seconde en mode JPEG.  Espérons qu’une éventuelle mise à jour du «firmware» de l’appareil pourra améliorer cette performance – quoique Canon ne nous a jamais beaucoup gâté sur ce plan par le passé. À défaut donc de pouvoir compter sur les rafales pour figer l’action, mieux vaut alors compter sur notre pouvoir d’anticipation.

Même si les rafales ne sont pas à la hauteur, tout le reste y est: l’objectif est lumineux à souhait: F1.8 – F2.8.  La portée? 24mm à 100mm en équivalent plein capteur.  C’est suffisant pour s’amuser.  Puisque la vitesse maximale est plafonnée à 1/2000 seconde, on ne peut parfois profiter pleinement de la pleine ouverture de la lentille surtout lorsque la lumière est drue à souhait comme c’était le cas dimanche dernier à Montréal.  Autre constatation: le mode «Servo» de Canon très utile pour la mise au point sur des sujets qui se déplacent est aussi efficace sur ce compact qu’il ne l’est pour les boîtiers pro.

Toutefois, le capteur 1″ dans l’appareil jumelé aux grandes ouvertures F1.8 – F2.8 de l’objectif permet d’obtenir le précieux bokeh comme on peut le constater dans la photo ci-contre.  Encore faut-il qu’une distance suffisante existe entre les éléments pour créer ce flou que nous affectionnons. Toutefois, l’ISO minimal de l’appareil est de 125 et la vitesse maximale de 1/2000.  Pour éviter la surexposition en plein jour, j’ai dû faire appel au filtre neutre – heureusement incorporé dans les fonctions de l’appareil.

Avec le G5X, on a le sentiment de retrouver un véritable grand angle lorsqu’on choisit de cadrer au 24mm.  On retrouve même nos déformations classiques dans les angles – déformations qui sont rapidement corrigées dans Lightroom avec le profil de correction incorporé.  Le vignetage est existant mais puisque j’aime bien en appliquer dans mes photos – voilà qui me permet de l’accentuer.

Et pour la qualité des images?  Elles portent la signature qualité Canon habituelle.  On les aimerait parfois plus dynamique avec un petit effet wow comme Fuji notamment est en mesure de livrer.  Mais puisque je travaille souvent avec des fichiers RAW, j’aime donc faire mon propre traitement.  On me permettra un aparté en utilisant la photo ci-contre à titre d’exemple.  Je me permets de rappeler qu’il faut tirer le meilleur profit de toutes les heures de la journée pour la photo. L’adage qui dit qu’au milieu de la journée, il est préférable de ranger son équipement nous empêcherait alors de profiter des ombres plus prononcées qu’on peut observer à ces heures pour créer des compositions intéressantes.  J’aime bien de la façon dont l’ombre emprunte la courbe du geste de la joueuse. N’hésitez pas à cliquer sur les photos pour les visionner en plus grand format.

Outre les modes manuels auxquels on est en droit de s’attendre avec un équipement de cette qualité, d’autres modes «créatifs» sont présents.  Je découvre ceux-ci et pour tout dire certains peuvent être rigolos et pertinents à l’occasion.  Je passe outre le mode monochrome fort instructif pour ceux et celles qui veulent s’initier et découvrir davantage le potentiel de la photo en noir et blanc.  J’ai plutôt un malin plaisir à vouloir exploiter à l’occasion cette simulation d’une lentille à décentrement («tilt-shift») avec ses compressions exagérées à l’avant et à l’arrière de notre zone.  J’ai hâte de voir le potentiel en photo de rue.

Et quid pour le prix?  Élevé.  Trop élevé.  Moins que pour les appareils compacts Sony dans le même registre mais quand même, c’est cher.  Mais il faudra s’y faire peut-on lire de plus en plus dans les publications et les blogs spécialisés.  Nous sommes de moins en moins nombreux à acheter des appareils photos, qu’il s’agisse de boîtier, d’appareil compact, de bridge.  Le «smartphone» avec ses possibilités photographiques a vraiment fait chuter le marché des ventes chez les grands manufacturiers habituels – particulièrement dans le registre des appareils compacts.  Le hic est que les coûts de production, de recherche et de développement de même que la mise en marché sont restés pratiquement les mêmes.  Les coûts sont les mêmes mais les ventes moins.  L’équation est facile à faire.  Je crains fort qu’il faudra s’y habituer – les fluctuations des devises venant ajouter à l’occasion leur grain de sel.

On aime:

  • la simplicité et la convivialité du menu Canon
  • l’ouverture généreuse de la lentille (F1.8 – F2.8)
  • les possibilités de configuration avec l’ensemble des boutons, molettes, levier, etc.
  • le viseur électronique
  • la bague de réglage autour de la lentille
  • le design de l’appareil et sa prise en main solide, ferme
  • la disponibilité des fichiers RAW
  • la réactivité, l’efficacité du système de mise au point Canon
  • le wifi

On aime (beaucoup) moins:

  • la très faible autonomie de l’appareil.  Avec le mode «servo» et le viseur électronique, la première pile a crié «chute» après 150 photos à peine.  La publicité fait état d’un potentiel de 215 photos avec le viseur électronique (210 avec l’écran arrière) mais le mode «servo» est impitoyable.  Une 2e voire une 3e pile additionnelles sont impératives.
  • la vitesse de prise de vue à 1 image/seconde en mode RAW, c’est pas sérieux.
  • le bouton de déclenchement vidéo mal positionné et qu’on peut enfoncer par inadvertance.
  • le prix élevé.

Et vous?  Un appareil compact à une importance pour vous?  Quel a été votre choix?N’hésitez pas à commenter.  Vos mots sont importants.  

 

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6 commentaires pour Le Canon G5X: mon nouveau compagnon de route

  1. ggilles dit :

    j’ai un G11, très bien… sauf qu’avec l’usage et la poussière la lentille a été complétement rayée par les volets qui sont sensés la protéger (ils sont trop proches). le G5X a-t-il le même défaut?

    • J’ai eu un G6, G11, un G15 (ou 16) et un G5x et je n’ai jamais fait le lien entre des rayures sur la lentille et les volets. Sur l’un de mes appareils, j’ai déjà eu une marque mais qui était dû à un impact. Jusqu’à maintenant rien à signaler pour le g5x. Par contre, je m’ennuie du viseur optique, aussi imparfait était-il. Un viseur électronique sollicite tellement les accus.

  2. poupi dit :

    Avez vous une experience sur le G5X concernant le focus bracketing. Sur le miens les 3 photos sont identiques

  3. Louis-Martin Boivin dit :

    Très intéressant!!! J’ aimerais avoir un appareil  » submersible »….

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